Georges MATHIEU·Publications

La Seconde Affaire F.T.P.F.

Cette opération commence par l’arrestation de quatre membres de la 1ère compagnie sédentaire F.T.P.F. du Puy-de-Dôme, à un barrage de la Luftwaffe, dans la nuit du 18 au 19 juillet 1944.

Francisque BARRAIRE Ernest, Joseph FOURNIER Jean, André PIGNOL André et Pierre SERVOIR Anatole, qui reviennent d’un sabotage de voie ferrée, sont rapidement transférés au 2 bis avenue de Royat.

FOURNIER, pressé de questions par HÜCK, lui lance une machine à écrire à la figure. Une bagarre s’en suit et le résistant, qui tente de s’enfuir par la fenêtre, est rattrapé puis roué de coups. André témoignera après-guerre que son camarade FOURNIER est « ramené en cellule, traîné par les pieds, affreusement mutilé ».

Tous, extrêmement violentés, sont contraints d’admettre leur participation au sabotage.

Le lendemain, le Sonderkommando arrête Martin POUGHEON André, commissaire militaire aux opérations de la 1ère compagnie sédentaire et Claude SERVAJEAN.

Le 20 juillet, l’équipe française part récupérer du matériel mais la Milice est déjà sur les lieux. Elle leur livre plusieurs F.T.P.F. détenus dans leurs locaux.

En tant que résistants communistes, ils sont odieusement torturés, en particulier par Marc BAUDOIS lequel, « en tant qu’ex F.T.P.F., était un spécialiste de la question » et réussit, explique VERNIÈRE « à obtenir de nombreux renseignements. »

Marie LACHAUD, boîte aux lettres des F.T.P.F. et membre de l’organisation créée par le P.C.F. : le Front national de lutte pour la Libération et l’Indépendance de la France, est elle aussi interpellée.

Deux autres F.T.P.F. seront remis au SD. après la Grande rafle du quartier de la Plaine à Clermont-Ferrand, le 22 juillet.

Au cours de cette « Seconde affaire F.T.P.F. », où le SD. de Clermont-Ferrand fait preuve d’une violence à son paroxysme :

* Joseph FOURNIER Jean, officiellement membre de la 1ère compagnie F.T.P.F. du Puy-de-Dôme depuis le 1er mars 1943, mais plus vraisemblablement entré en Résistance à partir de l’automne 1942, est fusillé sur le terrain d’aviation d’Aulnat suite à sa tentative d’évasion – en même temps que Marinette MENUT et 4 ou 5 autres détenus. Il décède le 19 juillet 1944, à l’âge de 43 ans ;

* Antoine BOILLE Leroy, militant C.G.T., membre du détachement Marat, « lieutenant, de septembre 1942 jusqu’en juillet 1944 », est par ailleurs porté comme membre de l’État-major départemental F.T.P.F. du Puy-de-Dôme, du 1er décembre 1943 jusqu’à son arrestation. Il indiquerait également être à la tête des Milices patriotiques pour l’usine de Tallende.
Antoine BOILLE serait interrogé et martyrisé une première fois par VERNIÈRE, MATHIEU et SAUTAREL, et une seconde par « je ne sais qui » dit MATHIEU, qui tente sans doute de minimiser ses responsabilités.
Il meurt, très vraisemblablement suite aux tortures infligées par l’équipe française, à l’âge de 42 ans, dans une cellule du 2 bis avenue de Royat, à une date indéterminée (entre le 22 et le 29 juillet 1944). Son corps ne sera jamais retrouvé ;

* Martin POUGHEON André, militant C.G.T. et membre du P.C.F., apparaît dans l’état nominatif des cadres ayant appartenu à la 1ère compagnie F.T.P.F. : « capitaine avril 1942 à juin 1944 a été [Commissaire militaire aux Opérations] de la compagnie depuis la formation. »
Martin POUGHEON est violemment frappé par MATHIEU, BRESSON, SAUTAREL et VERNIÈRE, mais il n’avoue rien. ECKHARDT se joint alors aux tortionnaires français « pour le faire parler », si cruellement que Martin POUGHEON meurt dans sa cellule, à l’âge de 44 ans, au cours de la nuit (le 19 juillet 1944 sur son acte de naissance).

Les autres F.T.P.F. appréhendés lors de cette opération du Sonderkommando sont déportés. La majorité d’entre eux meurent dans les camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Georges BACHELET Matelot (20 ans) ; (possiblement) Joseph BALLARIO ; Francisque BARRAIRE Ernest (41ans) ; Maurice BOURDUGE ; Louis CLOUVEL (18 ans); Roger ESTORGUES Gilles (29 ans) ; André PIGNOL Dominique ; Claude SERVAJEAN (49 ans) ; Pierre SERVOIR Anatole (34 ans) ; Charles SIMON Jack et Jean TOURAILLE Freddy (26 ans).

> Le chapitre  » La Seconde affaire F.T.P.F. « , est à retrouver dans l’ouvrage  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 298 à 308.*

* Disponible auprès de l’auteur (32€ frais de port inclus), de votre libraire (32€) ou sur Amazon (33€76).

Georges MATHIEU·Publications

La Grande rafle d’employés et résistants du Service des Transmissions et de la Signalisation (S.T.S.).

L’opération allemande à l’encontre du Service des Transmissions et de la Signalisation (S.T.S.) intervient dans le cadre de l’affaire dite « Pyramide » – du nom du pseudonyme d’Alexandre de COURSON de la VILLENEUVE.
Elle est très étonnamment assez peu transmise, et largement absente de la plupart des récits.

Comme de nombreuses opérations allemandes, c’est d’interrogatoires violents en interrogatoires violents que le SD. obtient de plus en plus de noms et appréhende de plus en plus de personnes.

Ainsi, MATHIEU, ROTH, SAUTAREL et KALTSEISS se rendent à un rendez-vous à la place d’un détenu et capturent André BUET Lautier, organisateur des réseaux radios depuis février 1943 ; son agent de liaison Roger FRAISSE ; ainsi que Jean Le DEUNFF Lomic, opérateur radio et employé du S.T.S.

Le 3 ou le 4 juillet 1944 (selon les sources), le SD., assisté de soldats de la Luftwaffe (et en présence du major BAMBAC, d’après VERNIÈRE), appréhende :

– Le responsable national de la Résistance du S.T.S. et chef de la circonscription radio : Achille DUBOIS ;

– Roger GAUTIER Bruno, ingénieur division Installation, matériel et signaux (membre des Ardents entré en Résistance dès 1942, chargé entre autres du camouflage du matériel parachuté).

Une action est montée contre l’ensemble des succursales du S.T.S.

L’immeuble du 25 boulevard Gergovia à Clermont-Ferrand est cerné par la Feldgendarmerie, qui fait irruption dans les bureaux, « mitraillette au poing », le 4 juillet, à 11 heures 40.
Une liste exhaustive des résistants du service est découverte. ECKHARDT fait interpeller les personnes citées au cours des interrogatoires des derniers jours ainsi que certains radios inscrits sur le carnet récupéré.

D’après MATHIEU et VERNIÈRE, environ 50 agents du S.T.S. sont appréhendés ce jour-là.
D’autres employés sont capturés à la station d’émission d’Aulnat ; à Chamalières (magasin S.T.S.) ; à leur domicile ; ou encore à la station d’émission de Lempdes.
Certains, sont interpellés le lendemain.

Si quelques détenus semblent libérés du 92, la plupart apparaissent déportés. Sur les trente-six personnes identifiées , vingt et une meurent en déportation (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Joseph AUTRET (42 ans) ; André BUET Lautier ; Jean CHADESSE (29 ans) ; Robert CHOCAT (27 ans) ; Paul CHONIER (46 ans) ; Achilles DUBOIS (48 ans) ; Louis DURIF (33 ans) ; Jean FOURSAC ; Roger FRAISSE ; Louis GABOREL Louis (33 ans) ; Pierre GAUTIER ; Roger GAUTIER Bruno (35 ans) ; Jacques GIRODROUX (40 ans) ; Marcel GOUPIL ; Daniel GUICHARD ; Bernard HEBERT ; Raymond JONCOURT (35 ans) ; Joseph LACHAUD ; Félix LYON ; Pierre LALOY (43 ans) ; Auguste LEFEUVRE ; Louis Le ROUX (46 ans) ; Jacques LEVAILLANT (évadé lors du transport) ; Bernard MONTARNAL (27 ans) ; Raymond PAUL (30 ans) ; Roger PÉRONEILLE ; Luc PETETIN (50 ans) ; Georges PINAUD ; Ambroise PONCET (36 ans) ; Basile ROUSSON (40 ans) ; Jean-Marie SALÄUN (48 ans) ; Gaston SOMMESOUS ; Henri TANNIÈRE (47 ans) ; Henri VIGNEAU (35 ans) ; Georges VILLERMET et Georges VINCENT (43 ans).

MATHIEU précise que suite à cette action contre le S.T.S., des télégrammes sont envoyés dans toute la zone Sud pour déclencher un peu partout de nouvelles opérations, lesquelles permettent, selon lui, « un grand nombre d’arrestations. »

Félix LYON sera par exemple arrêté à Vichy le 8 juillet et aussitôt transféré au 92 à Clermont-Ferrand.

> Le chapitre  » La Grande rafle d’employés et résistants du Service des Transmissions et de la Signalisation (S.T.S.). « , est à retrouver dans l’ouvrage  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 283 à 295.*

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Georges MATHIEU·Publications

La rafle de Gerzat du 21 juin 1944

Selon MATHIEU, cette opération a été commanditée par le major Frantz BAMBACH, commandant de la base aérienne, en possession de renseignements fournis par des miliciens. Pour Jean VERNIÈRE toutefois, la responsabilité de cette expédition incombe essentiellement à Georges MATHIEU, qui déciderait seul de monter cette action suite à l’arrestation d’un résistant.

Le 21 juin 1944, 40 à 80 soldats de la Luftwaffe (selon les sources) encerclent Gerzat. Plusieurs kommandos, composés d’un agent du SD. accompagné de 3 à 6 militaires, se rendent directement au domicile des personnes qui figurent sur leur liste. Le milicien MERLE, qui revêt l’uniforme allemand, conduirait apparemment personnellement chaque équipe aux endroits visés.

Vingt résistants F.T.P.F. sont capturés ce jour-là (dont 11 au moins appartiennent officiellement à la 1ère compagnie sédentaire F.T.P.F.), ainsi que 4 résistants M.U.R., 1 membre de Résistance Fer et deux membres des Ardents.

Ils sont pour la plupart odieusement torturés par l’équipe française au cours de leurs interrogatoires. L’un d’eux meurt d’ailleurs suite aux violences exercées par MATHIEU et ses camarades :


Au moins 31 résistants, soit 3 femmes et 28 hommes (en comptant deux résistants appréhendés plus tôt), sont déportés suite à cette action. Vingt-sept meurent dans les camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Jean Marius ACHARD (40 ans) ; Anastase ALLAIN (59 ans) ; Antonia AVEL, née DUFRESSE (42 ans) ; Joanny AVEL (45 ans) ; Pierre BARBIER (23 ans) ; Antony BARDIN (39 ans) ; Claudius BARDIN (40 ans) ; Louis BOURRAT Taravant (38 ans) ; Jean CHARROIN (29 ans) ; Alphonse CHATAIGNIER – ou CHATAGNIER – (38 ans) ; Camille CHAUMONT (35 ans) ; Jean-Joseph CHOMETTE (44 ans) ; Francisque CORNY (50 ans) ; Élie DUGAY (25 ans) ; Louis FANGHOUX ; Félix FAROUAULT (41 ans) ; Simone GODARD, née MERCIER (43 ans) ; Charles JARRY ; Annet JOUVENCEAU (33 ans) ; Pierre LABBAYE (30 ans) ; Antonin LACOMBE (46 ans) ; Marius MICHEL Marius (57 ans) ; Adolphe MONTAGNON (53 ans) ; Antoine SERRE (40 ans) ; André TURICHI (40 ans) ; Régine VACHER, née LABAISSE (41 ans) ; François VALLET ; Georges VALTON Cavar ; Pierre VALTON Mouret (57 ans) ; Jean VERNEY Jeantout (50 ans), ainsi que Louis VIDAL (24 ans).

> Le chapitre  » La Rafle de Gerzat « , est à retrouver dans l’ouvrage  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 276 à 283.*

* Disponible auprès de l’auteur (32€ frais de port inclus), de votre libraire (32€) ou sur Amazon (33€76).

Georges MATHIEU·Publications

Affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. (3).

Les Laboratoires Radioélectriques (L.R.) sont fondés à Paris par Mario NIKIS, dans les années 1930. L’entreprise, qui fabrique des équipements électroniques destinés aux aérodromes, se replie à Clermont-Ferrand pendant la guerre. Après l’invasion de la zone Sud, sa production est « détournée pour répondre à la demande allemande » (« The Telegraph, 8 mars 2004). Les L.R. fournissent aux M.U.R. leurs premiers postes émetteurs (« À Nous, Auvergne ! », p. 223).*

Alfred LELLUCH, ingénieur et directeur technique des Laboratoires Radioélectriques avec qui René VITOU Eugène est en relation, organise, avec l’accord de son patron Mario NIKIS, « la répartition des émetteurs radio sur l’ensemble du territoire pour permettre à la radio de se faire entendre dès le départ de l’ennemi, malgré la destruction presque totale de son réseau national. » ( Hommage aux Fusillés natifs d’Alger, « LELLUCH Alfred, Abraham », mariepierre86 – 10 juillet 2019).

ECHKARDT, fort des renseignements transmis par l’agent double belge Alfred DORMAL (qui en tant qu’adjoint de René VITOU prend contact en personne avec plusieurs employés des L.R. pour les M.U.R.), décide de mener une action contre l’entreprise – parallèlement à celle effectuée contre la Poste centrale de Delille à Clermont-Ferrand.

Une équipe du Sonderkommando, composée notamment de Georges MATHIEU et de BRESSON, se rend dans leurs locaux pour appréhender le 15 mai 1944 le directeur
des Laboratoires Radioélectriques et plusieurs de ses employés.

Emma NIKIS sera arrêtée chez elle, villa Les Fougères, à Chamalières. Dans une déposition de 1945, elle témoigne que tous sont détenus 6 jours et 6 nuits avenue de Royat et interrogés par MATHIEU ( et son équipe). Hormis Mme NIKIS ( car elle est de  » nationalité anglaise  » explique VERNIÈRE ), hommes et femmes sont affreusement martyrisés.

Alfred LELLUCH et Mario NIKIS, violemment frappés, sont également tondus sur l’ordre d’ECKHARDT (selon BRESSON par SAUTAREL), explique VERNIÈRE car ils sont « Juifs » – ce qui n’est pas confirmé pour Mario NIKIS, qui ne semble pas figurer sur Le Mur des Noms ou dans les bases de données du Mémorial de la Shoah. Le chef du SD. s’acharne sur les deux hommes pendant qu’il les auditionne, explique MATHIEU. Pierre LEIDIER témoigne avoir vu Mario NIKIS revenir d’un interrogatoire « la tête rasée, le visage tuméfié, [il] portait de nombreuses traces de coups de nerf de bœuf. »

Parmi les personnes que nous avons pu identifier, sont envoyés dans les camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Pierre BERNARD ; Éliane LEBLANC, née ROUGEAUX ; Maurice MIRABEL (31 ans) ; Emma NIKIS, née TATTERSALL ; Mario NIKIS (35 ans) et Gabrielle SIDLER.

Cette vaste opération se termine par l’interpellation de gérants de café clermontois qui servent de boîtes aux lettres aux M.U.R. Tous sont déportés : Paul MIGLIONICO (et sa compagne, non identifiée car ils n’étaient pas mariés) ; Camille POUGHEON et Jean POUGHEON (57 ans).

> Le sous-chapitre  » Arrestations aux Laboratoires Radioélectriques de Clermont-Ferrand « , est à retrouver pp. 264 à 273. Il fait partie de l’ » Affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. « , pp. 243 à 276 de  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo «.  **

* LÉVY, Gilles et Francis, CORDET (1974). À Nous, Auvergne !, Presses de la Cité, p. 223.
** Disponible auprès de l’auteur (32€ frais de port inclus), de votre libraire (32€) ou sur Amazon (33€76).

Georges MATHIEU·Publications

Affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. (2).

L’agent double belge Alfred DORMAL Claude, sait que René VITOU Eugène, le responsable des liaisons M.U.R. de R6, devait retrouver Jacques BINGEN Reclus à Ferrières-Sainte-Marie (dans le Cantal), pour le présenter à l’agent de liaison d’Henry INGRAND.

HÜCK, BISENIUS et DORMAL prennent VITOU en filature dans le train, mais ils l’interpellent (très étrangement) avant qu’il ne se rende à son rendez-vous, une station avant Ferrières-Sainte-Marie.
Conduit 2 bis avenue de Royat, Eugène, qui a travaillé avec DORMAL (qui infiltre les M.U.R. depuis des mois), ne peut nier plus longtemps son rôle dans la Résistance et ses activités – tant à Marseille, qu’à Clermont-Ferrand, ou à Montpellier.

ECKHARDT décide d’une action à laquelle participe toute l’équipe française (notamment à la Poste centrale, place Delille à Clermont-Ferrand).
Plusieurs membres des M.U.R. (employés P.T.T. ou ambulants S.N.C.F.) sont appréhendés les 14 et 15 mai 1944.

Tous les prisonniers sont frappés et interrogés par MATHIEU, BRESSON, VERNIÈRE et SAUTAREL.

Ceux qui ont pu être identifiés sont tous déportés. Un seul rentre des camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Michel CHAPELLE (58 ans) ; Maurice FOURNIER (54 ans) ; Pierre FRÉRY (26 ans) ; Lucien MICHEAU (33 ans) ; Marius MONTMORY (39 ans) ; Jean-Baptiste PACCARD (52 ans) ; Émile ROUX Pierre Duval ; Étienne SERVANT (54 ans) et René VITOU Eugène (21 ans).

Le SD. a trouvé un carnet sur un détenu, dans lequel figuraient « des noms d’employés P.T.T. en lien avec la Résistance. »
Cette découverte amène à des interpellations au sein du réseau Action P.T.T. de l’Allier et du Cantal – 20 à 70 personnes seraient appréhendées selon les sources (mais aucun dénombrement ne semble avoir été effectué).

Le 15 mai, le SD. de Vichy procède notamment, dans l’Allier, aux arrestations de : René CHALMET (29 ans) ; Fernand GÂTEAU (42 ans) et André INFARNET (34 ans). Georges RINGARD (33 ans) est arrêté le 19 mai, et Louis RIOU, le 9 juin (34 ans).
Tous meurent dans les camps (les âges de décès sont entre parenthèses).

C’est aussi le 15 mai que le SD. de Montpellier interpelle notamment ces membres du réseau P.T.T. de l’Hérault : Joseph TUDES (libéré le 9 juin) ; Jean-Louis EUTIQUE (42 ans) et Jean LAGARDÈRE (rapatrié).

Suzanne RAPARIE, membre d’Action P.T.T. dès 1943 et du S.R. des M.U.R. du Cantal, indique qu’on vient l’arrêter sur son lieu de travail à Saint-Flour (Cantal), le 15 mai 1944, vers 15 heures. Employée des Postes de la ville, elle assure la transmission clandestine des télégrammes ainsi que les communications téléphoniques, et figure dans le carnet découvert sur le résistant arrêté à Clermont.

Mlle RAPARIE est immédiatement conduite chez elle, où se trouvent son frère Marcel RAPARIE et sa mère. Son domicile est longuement perquisitionné, puis les enfants RAPARIE sont conduits au commissariat central d’Aurillac, où ils passent la nuit avant d’être transférés à Clermont-Ferrand.
MATHIEU confirme que Suzanne RAPARIE n’avouera rien en interrogatoire en dépit des brutalités infligées.

Le 17 mai, vers 19 heures, un kommando se rend au café MALLET, situé rue des Lacs à Saint-Flour, pour tenter d’appréhender COULAUDON.

Le jeune Pierre RIGAL, agent de liaison du réseau P.T.T. et de Jean LÉPINE (chef des M.U.R. du Cantal), membre de la compagnie des Transmissions F.F.I. d’Auvergne, est arrêté tandis qu’il est en possession d’un important document qu’il a le temps de jeter sous une banquette. Il est ramené avenue de Royat et torturé.
Pierre RIGAL décèdera en déportation. Il avait 17 ans.

Après cette opération, le SD. va procéder à des arrestations aux Laboratoires-Radioélectriques : ici

> Le sous-chapitre  » Arrestations de membres de la Résistance P.T.T. du Puy-de-Dôme, du Cantal, de l’Allier…« , est à retrouver pp. 254 à 264. Il fait partie du chapitre  » Affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. « , pp. 243 à 276 de  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « . *

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Georges MATHIEU·Publications

L’affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. (1)

L’affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. est une des plus vastes opérations du Sonderkommando de Clermont-Ferrand – à laquelle participe également l’équipe  » concurrente  » à celle de MATHIEU: l’Aussentelle, qui dépend aussi du SD.

Alfred DORMAL Claude est un agent-double belge recruté par l’Abwher (le service de contre-espionnage de l’État-major de l’armée allemande) en février 1943. Il est missionné contre la Résistance en France à l’automne de la même année.

Depuis des mois, Claude a infiltré l’organisme de liaison des M.U.R. Il est entré dans le réseau via un ancien camarade, qu’il croise par hasard à Marseille: Jean LIBERT.*
À l’occasion d’une formation  » aux méthodes de chiffrement puis aux mécanismes des liaisons « , Alfred DORMAL rencontre le responsable national des M.U.R. puis du M.L.N. : Jacques JOURDA Jacquemin.

Claude travaille avec René VITOU Eugène, qui va bientôt être muté à Clermont-Ferrand en tant que responsable régional des liaisons de la Région 6 (l’Auvergne).

Selon MATHIEU, DORMAL n’a pas le temps de monter une équipe.
Il se rend donc au siège du SD., la veille de l’arrivée de Reclus, et prévient ECKHARDT que l’envoyé de de GAULLE en France (qui est le successeur de Jean MOULIN) sera à la gare le lendemain.

Le 12 mai 1944 (ou le 13 selon certains), MATHIEU fait partie des membres du SD. envoyés en gare de Clermont-Ferrand, avec PEGLOW, GRÜNEWALD et l’agent luxembourgeois Léon BISENIUS Dubois.
Ils interpellent un homme,  » CHAPELIER, contrôleur des Postes « , et le ramènent avenue de Royat, à Chamalières, sans avoir rien trouvé de compromettant sur lui.
Tous partent se reposer en attendant confirmation de son identité par DORMAL.

Reclus, resté sous surveillance au poste de garde, assomme un de ses gardiens et s’enfuit… Il sera rattrapé et reconduit au siège du SD., où il avale la capsule de cyanure qui lui a été transmise à son départ de Londres. Il décède à Chamalières, à l’âge de 36 ans. Son corps ne sera jamais retrouvé.

MATHIEU indique que le SD. n’apprend que quinze jours plus tard, par un télégramme venu de Paris, que le résistant appréhendé se nomme Jacques BINGEN, « envoyé spécial de de GAULLE en France, chargé de toutes les liaisons télégraphiques et téléphoniques sur l’ensemble du territoire pour le compte de la Résistance. »

Dans la lettre écrite à sa mère, le 15 août 1943, Jacques BINGEN écrivait :

Deux opérations suivent la capture et le décès de Jacques BINGEN :

1°) Arrestations de membres de la Résistance P.T.T. du Puy-de-Dôme, du Cantal, de l’Allier… : ici
2°) Arrestations aux Laboratoires Radioélectriques de Clermont-Ferrand : ici

> Le sous-chapitre  » L’arrestation de Reclus « , qui contient des détails sur l’infiltration des M.U.R., la biographie de Jacques BINGEN, les différentes hypothèses sur sa date de décès… est à retrouver pp. 243 à 254 ; le sous-chapitre  » La condamnation d’Alfred DORMAL Claude  » se trouve pp. 273 à 276.
L’intégralité du chapitre,  » Affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. « , se situe pp. 243 à 276 de  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « . **

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Georges MATHIEU·Publications

La 1ère affaire F.T.P.F.

Au printemps 1944, l’équipe française dirigée par MATHIEU (composée de Jean VERNIÈRE, BRESSON et SAUTAREL), procède à une vague d’arrestations de membres des Francs-Tireurs Partisans Français (F.T.P.F.) – organisation paramilitaire de Résistance créée par le parti communiste et ouverte aux personnes non encartées.

MATHIEU et ses camarades se livrent à une violence déchaînée au cours de ce que les rapports d’après-guerre nomment la « Première affaire F.T.P.F.».

Charles VERNIÈRE Julo est torturé par l’équipe française ainsi que ROTH et KALTSEISS. Il est retrouvé mort le lendemain dans sa cellule, suite aux coups reçus. Il avait 40 ans.

Nous avons pu identifier 15 personnes appréhendées au cours de cette opération, déportées, dont 8 meurent dans les camps ou des suites de déportation (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Lucien ARMAND (meurt peu après son rapatriement en France, à l’âge de 36 ans) ; Yvette ARMAND, née MEZART ; Marcel BERECK Lucie Bailly (41 ans) ; René BERGER Jean-Claude (23 ans) ; Félix CHANSÉAUME (29 ou 30 ans) ; Georgette IMBERT, née HUIN ; Germain IMBERT ; Philippe LAGARDE Collange (33 ans) ; José LOPEZ ; Marguerite LOPEZ, née MIRAT ; André SANITAS Marc (21 ans) ; Joseph SANITAS Francisque Philippe (39 ans) ; Lucienne TAGNARD Éva ; Paul TAGNARD Philippe (46 ans) et Anaïs VERNIÈRE, née PERRET.

>  » La 1ère affaire F.T.P.F.  » est à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 233 à 243.*

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