Georges MATHIEU·Publications

Raymond BONET, agent du réseau Mithridate

Le 20 décembre 1943, le SD. décide de faire fusiller des résistants au stand de tir du 92, en représailles à l’attentat F.T.P.F. contre l’Hôtel du Globe (réquisitionné par les Allemands, situé actuelle avenue de l’U.R.S.S. à Clermont-Ferrand).

Une victime restait à identifier parmi les 20 fusillés.

Georges MATHIEU évoquait en interrogatoire  » Roger BONNET, de l’O.T.I.C. », entreprise sise, comme l’indique sa notice du Maitron « 5, Rue Dumaniant à Clermont-Ferrand. Elle était spécialisée dans l’ approvisionnement des usines en appareils de précision. Il semblerait que d’autres personnes employées dans cette entreprise aient été arrêtées. »

Dans  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo  » (page 68), je me suis trompée de prénom : il s’agit de Raymond BONET (et non de Maurice), dont Éric PANTHOU a obtenu confirmation de l’identité. Il précise que Raymond, Félix, Clément BONET, est né le 12 juillet 1906 à Aix-en-Provence. Il est le fils d’Andrius, Marius, Félicien BONET, mécanicien (âgé de 24 ans), et de Louise, Marie, DÉCANIS, son épouse (27 ans), qui habitent place de la Rotonde, à Clermont-Ferrand.

Raymond BONET épouse Antonine Cécile GARRET-FLAUDY (née le 21 décembre 1908 à Augerolles, Puy-de-Dôme), le 28 novembre 1929, à Augerolles, où la jeune femme réside, chez ses parents – cultivateurs. Raymond BONET est alors domicilié à Jouques (Bouches-du-Rhône), mais il vit à Clermont-Ferrand, où il exerce la profession de mécanicien.

Raymond BONET est appréhendé par ROTH et KALTSEISS le 10 novembre 1943 à son bureau de la société O.T.I.C. Son épouse indique qu’il était affilié à un mouvement de Résistance depuis août 1942. Il semble vraisemblablement avoir été agent pour le réseau de renseignements Mithridate (auquel MATHIEU appartenait avant de collaborer).

Raymond BONET (D.C.A.J.M.)

Quelques jours après son interpellation, BONET est aperçu grièvement meurtri suite à des tortures. Il est admis « à l’Infirmerie de la prison [militaire] où six semaines après il commençait à marcher cassé en deux en traînant les pieds. » (Témoignage de Mme Germaine VANNIER).

La date de décès portée sur l’acte de naissance de Raymond BONET est le 5 août 1944. Toutefois, en 1950, plusieurs hypothèses persistent sur la disparition du résistant et s’ajoutent au récit de MATHIEU : un collaborateur raconte qu’il était encore tenu au secret à la prison militaire en juin 1944, un déporté pense l’avoir vu à Compiègne vers le 21 juillet de la même année… Or, Raymond BONET semble totalement absent des Archives Arolsen ou du Livre-Mémorial de la F.M.D., rendant l’hypothèse de sa déportation peu crédible.

La similitude entre son nom BONET (et BONNET indiqué par MATHIEU), ainsi que le fait qu’Antonine BONET soit sans nouvelle de son mari depuis le 23 décembre 1943 (date à laquelle elle vient déposer un colis au 92, mais on lui répond qu’il est « parti ») paraît renforcer la version de MATHIEU quant à l’exécution du résistant avec d’autres patriotes.

Raymond BONET, fusillé au stand de tir du 92 dans la nuit du 20 décembre 1943, décède à l’âge de 37 ans ; Mort pour la France, Homologué F.F.I. et D.I.R., Médaille de la Résistance (décret du 5 janvier 1956).

Sources :  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , Vanessa MICHEL ; courriels d’Éric PANTHOU des 24 et 25 septembre 2024 ; État civil ; Interrogatoire de Georges MATHIEU, Archives nationales 72 A.J./522 et lettre d’Antonine BONET à M. le président du T.M. de Lyon, le 12 janvier 1950, D.C.A.J.M.

Georges MATHIEU·Publications

Affaire contre les réseaux de renseignements Alibi et Jade-Fitzroy

Jean VERNIÈRE*, qui a fait son S.T.O. au camp d’Auschwitz où il a dénoncé de nombreux prisonniers, rentre à Clermont-Ferrand début mars 1944.
Quelques jours après son arrivée, il rencontre un ancien camarade : Louis BRESSON, jeune membre du réseau de renseignements Jade-Fitzroy.

VERNIÈRE profite de leur amitié pour lui soutirer des informations qu’il livre rapidement au Sonderkommando. BLÜMENKAMP et Ursula BRAND le chargent alors de reprendre contact avec Louis BRESSON. Il doit lui faire croire qu’il souhaite rejoindre son organisation, sous couvert de découvrir d’autres noms de résistants.

VERNIÈRE piège si bien BRESSON qu’il fait arrêter plusieurs membres des réseaux de renseignements Jade-Fitroy et Alibi.
Trois agents, appréhendés au cours d’une rafle de représailles à l’attentat de la Poterne, le 9 mars 1944, au Bar Américain à Clermont-Ferrand, détenus au 92, sont également interrogés par le SD.

Suite à cette opération, quelques personnes sont libérées mais d’autres envoyées dans les camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : André ROUXEL (membre des M.U.R.) ; au moins 6 agents du réseau Alibi : Guy CHÂTILLON ; Jean JONQUET Janot Le Fou (P.C. 46) ; Roger JUAN ; Max ŒSCH Max (P.C. 47) ; Maurice PARMENTIER (P.C. 61) et Guy Georges THOMAS (P.C. 60) ; ainsi que 3 membres du réseau Jade-Fitzroy : Maxime ALLIOT ; Marcel GUITTET (29 ans) et Henri ROUSSEL Henry.

Il est à noter que l’équipe française du Sonderkommando de Clermont-Ferrand procède à une vague d’arrestations ( de mi-mai à fin mai 1944), qui mène à la déportation de nombreux agents du réseau Jade-Fitzroy et de résistants qui les ont aidés, ce qui est notamment le cas de (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Marcel ALLIOT (41 ans) ; Edmond BORIE (32 ans) ; Jules BORY ; Aline COUDERT, née ROYAT ; Benoni COUDERT (37 ans) ; Jules FRANCESCHI Kiki (31 ans) ; Louisette LESCHER, épouse VAN DER HEYDEN ; Fernand PIRONON ; Marie-Louise PIRONON, née DEPAILLER ; Jean SOULES et Léon TRAMEL (33 ans).

> Le chapitre  » Affaire contre les réseaux Alibi et Jade-Fitzroy  » et l’encart  » La seconde affaire Jade-Fitzroy (mai 1944)  » sont à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 179 à 187.**

* Le parcours de Jean VERNIÈRE avant son intégration au Sonderkommando et une biographie de son frère Gérard VERNIÈRE, également actif et violent collaborateur, sont à retrouver pp. 170 à 178 de l’ouvrage.

** Disponible auprès de l’auteur (32 € frais de port inclus), de votre libraire (32 €) ou sur Amazon (33 € 76).

Georges MATHIEU·Publications

15 avril 1944 : Attaque allemande des maquis de Champeix

Le 15 avril 1944, une action est montée contre les maquis M.U.R. situés dans différents villages du canton de Champeix.

Bien que cette opération, décidée par BLÜMENKAMP, semble moins transmise que d’autres, nous avons retrouvé au moins 18 déportés appréhendés ce 15 avril, dont la plupart meurent dans les camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Adrien AMOUROUX ; Marthe AMOUROUX, née ROUX (38 ans) ; Paul AMOUROUX ; Paul BOISSAT (31 ans) ; Élie CLÉDEL (51 ans) ; (P) Marcel COURTINE (56 ans) ; Léonce FORESTIER (32 ans) ; Édouard FOURNIER (51 ou 52 ans) ; (P) Émile FOURNIER (34 ans) ; Georges KOZLICA (43 ou 44 ans) ; (P) Jean LACHAISE (19 ans) ; Ernest MALLET (31 ans) ; Maurice MALLET (45 ans) ; (P) François PÉRON ; Charles ROUCHER (47 ans) ; Françoise TERME, née BAPT (51 ans) ; le jeune Max TERRASSE (19 ans) et son père Robert TERRASSE (45 ans).

>  » L’attaque allemande des maquis de Champeix  » a est à retrouver dans l’ouvrage Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 204 à 208.*

* Disponible auprès de l’auteur (32€ frais de port inclus), de votre libraire (32€) ou sur Amazon (33€76).

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30 mars 1944 : Attaque allemande des maquis de Prondines

Le 30 mars 1944, vers 1 heure du matin, 600 à 700 soldats de la Wehrmacht, avec mortiers et pièces antichars ; le Sonderkommando au complet (dont l’équipe française dirigée par Georges MATHIEU) ; le SD. de Clermont-Ferrand ; une trentaine de miliciens ; une douzaine de feldgendarmes ; et le docteur OFFERMANN, qui « représente la presse allemande », quittent Clermont-Ferrand en direction des maquis de Prondines.

Deux équipes sont constituées : l’une se rend au Claveix ; l’autre à La Luquine, Fargoulas, et L’Estival (qui sera bombardé).

Georges MATHIEU, BLÜMENKAMP et Ursula BRAND supervisent les opérations.

Au Claveix, les Allemands exécutent 11 maquisards âgés de 17 à 24 ans : Pierre BEAULATON Pédago ; Marcel CASTIÉ Toulouse ; Roger COURNIL Baby ; Marcel COUSSERAND Coucou ; Bernard GIRAUD Loule ou Lou ; Jean GUILLOT Lucien, Le Marin ; Boris KLEIMAN Clément, Bel Ami ; Robert MIGNOT Quinquin ; Jean PACAUD Bibi ; Jean POINAT Bidule ; Ézéchiel SAIZ-LOPEZ José ; ainsi qu’un habitant de Cisternes-la-Forêt qui aidait les réfractaires : Pierre VERNADAL (34 ans).

Lucien GIRAUD Lule, sera le seul rescapé.

L’équipe allemande se rend ensuite au village de La Villedieu où sont tués : Marcel DIOGON (38 ans) ; ainsi que François BARRIER (46 ans) et son fils François BARRIER (18 ans).

Michel Antonin MANDON Tonio (37 ans), interrogé et brutalisé par Georges MATHIEU, est assassiné à La Luquine.

> Le chapitre  » L’expédition contre Prondines « , est à retrouver dans l’ouvrage  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 190 à 204.*

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1er mars 1944 : l’attaque contre le 1er Corps franc d’Auvergne et la rafle de Volvic

Dans la nuit du 29 février au 1er mars 1944, le Sonderkommando au complet (dont Georges MATHIEU), 40 soldats de la Luftwaffe et une dizaine de feldgendarmes se rendent au P.C. du 1er Corps franc M.U.R. d’Auvergne, situé au hameau de Lespinasse – commune de Pulvérières.

Trois jeunes réfractaires sont sur place :

– Jean LESME Milamo ou Milano, décède à l’âge de 20 ans, lors des échanges de coups de feu qui suivent l’arrivée des Allemands ;

– Guy PÉNIDE Quinze Grammes et Georges MARCHADIER Jojo sont faits prisonniers et aussitôt interrogés par Ursula BRAND, assistée de l’Alsacien Fred SCHNEITMANN.
Emprisonnés au 92, ils seront condamnés à mort avec 16 autres patriotes, par le tribunal militaire allemand qui siège place de la Bourse, à Clermont-Ferrand, en mars 1944, en représailles à l’attentat de la Poterne.
Tous les deux sont  » graciés  » en raison de leur jeune âge, et déportés.
Guy PÉNIDE est rapatrié mais Georges MARCHADIER Jojo meurt à l’âge de 20 ans, au camp de Natzweiler-Struthof.

Les Allemands appréhendent également trois paysans, avant d’incendier les maisons des maquisards : Marcel CHAPUT, Jacques CHAPUT et Antonin PAQUET.

La Luftwaffe et le SD. rejoignent Enval, puis l’Hôtel du Commerce à Volvic, tenu par les époux MARTINON.

Lorsque l’agent du SD. Otto STAAGE surgit brusquement dans la cuisine de l’établissement, quatre membres du 1er Corps franc d’Auvergne sont en train de déjeuner : Raymond LABAUNE, Maurice PEROL, Edmond LECLANCHÉ et Abel MARTINON.
LABAUNE abat l’Allemand net, et tous se sauvent – hormis Abel MARTINON.

Suite à leur fuite, une fusillade éclate durant au moins un quart d’heure : les soldats allemands tirent dans tous les sens, et blessent, parfois grièvement, des villageois et même des enfants.

Le colonel EDZARD fait incendier tout le pâté de maisons et des otages sont ramenés à Clermont-Ferrand.

La plaque commémorative apposée sur l’Hôtel du Commerce de Volvic indique 17 victimes, M. Gilles LÉVY en dénombre 18, dont 11 meurent en déportation. En incluant des personnes  » possiblement  » envoyées dans les camps suite à cette opération du SD., nous dénombrons 23 déportés (en comptant le résistant F.T.P.F. Eugène MARSAT, capturé au cours d’une mission pour son organisation à Volvic ce 1er mars) ou 26, si l’on ajoute les 3 personnes que nous n’avons pu identifier.

Douze à quinze meurent dans les camps ou à leur retour en France (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Étienne BARAN (27 ans) ; Pierre BOISSY (évadé lors du transport) ; Erwin BRODKA ; Marcel CHAPUT ; Jacques CHAPUT (43 ans) ; Joseph DASKOBLER ou DAFKOBLERT (20 ans) ; Lucien DEBAS ; Paul (ou Paulo) Da SILVA ; (P) Marius FAURE (35 ans) ; Anton, Antoni ou Antoine KUBACKI (décède à l’âge de 18 ans en février 1947) ; Marc LEUCHTER (34 ans) ; (P) Roger LEYRIT ; Roger MALLET Cassis (23 ans) ; Eugène MARSAT Étienne Antoine MARTIN ; Abel MARTINON ; Antonine MARTINON, née GARRET ; Pierre MARTINON Pierrot (de retour des camps, 20 ans) ; Robert MARTINON (de retour des camps, 45 ans) ; Jacques MIOCHE (54 ans) ; Antonin PAQUET (19 ans) ; Pierre PAULZE (34 ans) ; Jean-Marie POURTIER (26 ans) et Alexandre VIVIER (47 ans).

Le recueil  » Souviens-toi du 1er mars 1944 «  cite 3 déportés que nous n’avons pu identifier : « GRÜN (réfugié, mort en déportation) » ; ainsi que « BERNARD » et « MARIUS », tous les deux agents de liaison F.T.P.F. « de passage » et « morts en déportation ».

> Le chapitre » 1er mars 1944 : l’attaque contre le 1er Corps franc d’Auvergne et la rafle de Volvic « est à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo «, pp. 158 à 168.*

* Disponible auprès de l’auteur (32€ frais de port inclus), de votre libraire (32€) ou sur Amazon (33€76).

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l’affaire de Riom, février 1944

Le Sonderkommando monte une opération (du 7 au 10 février 1944) contre des membres des M.U.R. du secteur de Riom, à l’aide des Archives de Saint-Maurice et d’interrogatoires de prisonniers.

Il s’agit de la première opération du SD. au cours de laquelle il est rapporté par plusieurs témoins des brutalités qui auraient été commises par MATHIEU.

Certains récits évoquent une quarantaine à une cinquantaine d’interpellations, dont nous ignorons si elles ont toutes été maintenues, puisque nous n’avons pu retrouver  » que  » 15 personnes appréhendées :

– Le résistant Pierre VIRLOGEUX, qui s’ouvre les veines dans sa cellule le soir de son arrestation. Il décède à l’âge de 41 ans, le 9 février 1944 ;

– Félix PEROL, 57 ans, membre des Ardents, sera emprisonné puis jugé par le tribunal militaire allemand qui siège en mars 1944 en représailles à l’attentat de la Poterne.* Il est condamné à mort et fusillé au stand de tir du 92, le 22 mars 1944 ;

– Sont (notamment) envoyés dans les camps suite à cette opération du Sonderkommando (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Jules ANNÉSER ; Maurice BERGER (44 ans) ; Louis BLANCHOT ; Jean CHAMORET (40 ans) ; Charles CHOUVY Ixe ; Arsène DIXMIER Limagne ; Marcel LABORIER Lubin ; Guillaume LABROUSSE (29 ans) ; Antonin MARCONNET (52 ans) ; Claude VIRLOGEUX (41 ans) et Jean VIRLOGEUX ; ainsi que les époux Feiga KESCHNER, née SINGER (45 ans) et Hersch KESCHNER (59 ans), vraisemblablement arrêtés car ils étaient Juifs et déportés par convoi racial pour le camp d’extermination d’Auschwitz.

> L’encart  » L’affaire de Riom  » est à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo «, pp. 154 à 158.**

* Son nom aurait été donné par le chef du Sonderkommando avec ceux d’Henri WEILBACHER ; de François MARZOLF ; de Jacques BOUTET ; de Guy PÉNIDE et de Georges MARCHADIER.
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Georges MATHIEU·Publications

1er février 1944: Attaque du maquis M.U.R. de l’Enseigne (Cantal)

Le chef allemand de Georges MATHIEU, Paul BLÜMENKAMP, reçoit (suites à des dénonciations de Français), des informations relatives à un maquis M.U.R. d’une vingtaine d’hommes, situé au carrefour de la route d’Aurillac à Marcolès et de la route de Saint-Mamet à la Capelle, dans le Cantal.

MATHIEU se souvient que le 1er février 1944, le Sonderkommando de Clermont-Ferrand se rend au camp de l’Enseigne, accompagné d’un fort détachement de soldats de la Luftwaffe, d’au moins 16 feldgendarmes et de deux indicateurs français.

Si de nombreux réfractaires parviennent à s’échapper, quatre maquisards sont tués au combat. Un de leur camarade se rend et les allemands arrêtent avec lui René DUBOIS. Tous les deux sont exécutés.

Les corps des jeunes hommes sont rassemblés dans une des cabanes du maquis qui est incendiée. La population a interdiction formelle de les récupérer.

René Alfred DUBOIS (21 ans) ; Maurice DUDAL (21 ans) ; Lazare LEWITANSKI (24 ans) et son frère jumeau Salomon LEWITANSKI (24 ans) ; Robert Charles REBOUL Robert Gueule d’Amour (20 ans) et Théophile WEIL (22 ans) décèdent ce 1er février 1944.

À la demande des familles, ils reposent au sein d’un même caveau, dans un Monument aux Morts du cimetière communal de Marcolès. Une stèle leur est également érigée.

> Le chapitre «  L’attaque du maquis de l’Enseigne, dans le Cantal « , qui contient notamment un témoignage inédit de Lucien CASSAGNE, est à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 144 à 154.*

* Disponible auprès de l’auteur (32€ frais de port inclus), de votre libraire (32€) ou sur Amazon (33€76).

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L’affaire Issoire-Orbeil-Sauxillanges

Le 26 décembre 1943, Paul BLÜMENKAMP et ses hommes, dont Georges MATHIEU, se rendent dans le secteur de Sauxillanges et d’Issoire, afin d’appréhender des dirigeants cantonaux des M.U.R.

Cette expédition est entièrement montée grâce aux Archives de Saint-Maurice.

Le Sonderkommando établit son P.C. à la caserne du 8ème Dragon, vers 10 heures du matin. Les personnes appréhendées y sont maintenues et interrogées.

Le lendemain, l’oncle d’un résistant est arrêté à Nonette.
Un kommando interpelle en outre l’adjudant de gendarmerie de Saint-Germain-Lembron et l’adjudant de la garde, à Breuils-sur-Couze, car tous les deux sont inscrits comme « favorables à la Résistance » sur le document des M.U.R.

Les Allemands récupèreront également trois dépôts inscrits dans les Archives de Saint-Maurice.

Cette action semble assez peu transmise, bien que Georges MATHIEU estime que le SD. ramène une vingtaine de prisonniers à Clermont-Ferrand.

Sont notamment déportés suite à cette expédition (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Gabriel BOURDILLON ; Louis CHABRILLANGES (43 ans) ; Georges DELORT (46 ans) ; Joseph DISSARD ; Fernand DUPONT (41 ans) ; Louis Edmond FOUET Petit Louis ; Simone FOURNERY, épouse MAGAUD ; Joseph GAUTIER (49 ans) ; Henri KLEBOTH (32 ans) ; René MARÉCHAL ; Eugène MOREAU (43 ans) ; Claude NINLIAS (72 ans) ; le chef du S.R. des M.U.R. pour le Puy-de-Dôme André PAQUOT Quinquina (33 ans) ; Pierre ROUX ; Antoine SERONDE ; Hippolyte TALLON (46 ans) et Auguste VÉDRINE Blac.

> L’encart  » L’affaire Issoire-Orbeil-Sauxillanges  » est à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo «, pp. 135 à 138.*

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Les opérations contre d’anciens camarades M.U.R. de MATHIEU, du 9 au 13 décembre 1943

BLÜMENKAMP monte des actions contre les anciens camarades M.U.R. de Georges MATHIEU du 9 au 13 décembre 1943. Celui-ci participe activement aux expéditions.

Le 9 décembre, les Allemands appréhendent à Rochefort-Montagne, et déportent : Antoine ROUDEL Léopard ; Alice VOÛTE ; Jean-Baptiste VOÛTE (qui décède au camp de Melk à l’âge de 48 ans) et Joseph VOÛTE.

Le 10 décembre, sont arrêtés à Égliseneuve-d’Entraigues puis envoyés dans les camps : Jean-Baptiste TRILLAUD Petit Louis (qui meurt à l’âge de 33 ans à Bergen-Belsen) et Victor KLECTHKA.

Le lendemain, le SD. se rend à Vic-le-Comte. Sont capturés puis déportés: Antonin VIVAT Tonin (gazé à Harteim à l’âge de 51 ans) ; Henri VIVAT et Lucienne VIVAT.

Le 12 décembre, les Allemands commencent leur action à Vic-le-Comte par les arrestations d’Odette JARRIGE et de Robert BONJEAN.
Ils vont ensuite à Saint-Maurice-ès-Allier. Une douzaine de maquisards seraient présents dans le Château situé en plein cœur du bourg, où logent et où se réunissent des membres du 1er Corps franc d’Auvergne.
Le village contient également de nombreux dépôts de matériel des M.U.R.

Les résistants parviennent à s’échapper, apparemment protégés des regards par un épais brouillard.
Jean TAVERT, arrêté plus tôt et qui parvient à fuir, sera grièvement atteint au bras.
Des civils sont également touchés par des tirs de soldats allemands: Antoine VANTALON meurt d’une balle en plein cœur vers 10 heures. il avait 41 ans. Deux autres personnes sont blessées.

BLÜMENKAMP installe son P.C. dans l’école. EDZARD, à la tête de la Luftwaffe, le rejoindrait vers 14 heures, avec de nombreux soldats (vraisemblablement au moins 150), qui stationnent dans les salles de classe.

Des habitants sont appréhendés et auditionnés, sans violence, l’après-midi. Beaucoup de matériel, véhicules etc… sont découverts et de nombreuses habitations pillées.

Un couvre-feu est instauré à 18 heures, et une trentaine de personnes sont retenues dans une grange du village.

Le soir, l’agent du SD. Otto STAAGE met la main sur une serviette qui appartient aux M.U.R., et dont MATHIEU découvre après Ursula BRAND le précieux contenu. Il indique qu’il peut se « rendre compte, sur le moment, de l’importance de la trouvaille, car les papiers contenaient les listes de dirigeants des arrondissements, des cantons, des communes des M.U.R. pour le département du Puy-de-Dôme. Ces dirigeants figuraient sous leurs vrais noms et sous leurs pseudonymes. D’autre part, il était fait mention des chefs de brigade de gendarmerie, chefs de gare, agents des P.T.T. favorables à la Résistance. Il était question également du nombre d’hommes armés, de dépôts d’essence, d’armes etc…. la serviette contenait aussi un plan du département du Puy-de-Dôme avec les emplacements à occuper par les groupes de Résistance en cas de débarquement allié, et les coupures à effectuer sur les routes et les voies ferrées. Enfin, la serviette renfermait tout un lot de papiers [en blanc] provenant des différentes administrations [de Vichy], intendance, police, préfecture etc… »*

D’autres arrestations ont lieu au matin du 13 décembre 1943, et les interrogatoires reprennent.

Des témoins disent qu’EDZARD fait incendier le Château et « les maisons voisines » vers 11 heures, et que BLÜMENKAMP fait mettre le feu à une grange qui cachait un dépôt des M.U.R.

Le bilan de cette expédition est lourd.

Deux des habitants appréhendés au cours de cette action allemande sont fusillés en représailles à l’attentat des F.T.P.F. contre l’Hôtel du Globe, le 20 décembre 1943, au stand de tir du 92ème R.I. : Gaston BONNIOL (46 ans) et Roger SOMMEVIALLE (38 ans).

En comptant les deux arrestations de Vic-le-Comte le 12 décembre, vingt-et-une personnes (18 hommes et 3 femmes) sont envoyées dans les camps. Huit meurent en déportation et une peu après son rapatriement (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Jeanne BERRIER (43 ans) ; Robert BONJEAN (24 ans) ; Antoine CHASSAING Le Pépé (mort des suite de déportation après son rapatriement, 61 ans) ; Augustin CHASSAING Brison (56 ans) ; Camille CHASSAING ; Ferdinand CHASSAING (51 ans) ; Marcel CHASSAING ; Yves CHASSAING ; Roger CLAUGE ; Émile DOUSSE ; Jean-Baptiste FOURNET (44 ans) ; Odette JARRIGE ; Raymond LECONTE ; Franck MÉRIEUX (40 ans) ; Marcel MOUGIN (31 ans) ; Marc ROUBY ; Pierre TASSET ; Robert TOURLONIAS (19 ans) ; Paul VIALLON ; Robert VINDIOLLET et Jeanne ZIMMERMANN Madame Martin.

> Le chapitre  » Les opérations contre d’anciens camarades M.U.R. de MATHIEU, du 9 au 13 décembre 1943  » est à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo «, pp. 108 à 127.**

*L’histoire de ce porte-documents, importante quant à la suite des répressions allemandes dans la région, est à retrouver dans le chapitre « Les Archives de Saint-Maurice », pp. 128 à 135.
** Disponible auprès de l’auteur (32€ frais de port inclus), de votre libraire (32€) ou sur Amazon (33€76).

Georges MATHIEU·Publications

Table des Matières de « Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo »

TABLE DES MATIÈRES de « Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo ».

PRINCIPAUX SIGLES, p. 7
PRÉFACE de M. Gilles LÉVY, p. 9
NOTE DE L’AUTEUR, p. 13

I. RÉSISTANCE, p. 17
L’entrée de MATHIEU au mouvement Combat-Étudiant, p. 24
Christiane CUIROT, résistante et future femme de Georges MATHIEU, p. 28
Georges MATHIEU, agent du réseau Mithridate de Clermont-Ferrand, p. 31
MATHIEU intègre les Mouvements unis de la Résistance (M.U.R.), p. 35
Arrestation du couple MATHIEU, p. 42
Premières concessions, p. 53
L’Affaire Mithridate (dite de « L’organisation MASSON ») , p. 55

II. LES DÉBUTS DE GEORGES MATHIEU DANS LA COLLABORATION, p.77
1. Premier acte de collaboration de MATHIEU : la « Grande rafle » de l’Université de Strasbourg du 25 novembre 1943 :
– L’apport essentiel de MATHIEU lors du montage de l’opération, p. 78
– Le rôle de MATHIEU pendant la Grande rafle, p. 84
– La détention des membres de l’Université au 92, p. 94
2. Les opérations contre d’anciens camarades M.U.R. de MATHIEU, du 9 au 13 Décembre 1943 :
– Rochefort-Montagne, p. 108
– Égliseneuve-d’Entraigues, p. 109
– Vic-le-Comte, p. 110
– Vic-le-Comte et Saint-Maurice-ès-Allier, p. 113
– Saint-Maurice, le lendemain, p. 124
– Les « Archives de Saint-Maurice », p. 128
Intégration complète du couple MATHIEU au SD. de Clermont-Ferrand, p. 138
3. Opération du Sonderkommando de février et début mars 1944 :
– L’attaque du maquis de l’Enseigne, dans le Cantal, p. 144
– 1er mars 1944 : l’attaque contre le 1er Corps franc d’Auvergne et la rafle de Volvic, p. 158

III. GEORGES MATHIEU, CHEF DE L’ « ÉQUIPE FRANÇAISE DE LA GESTAPO DE CLERMONT », p. 169
1. Jean VERNIÈRE, p. 170
2. Affaire contre les réseaux Alibi et Jade-Fitzroy, p. 178
– Constitution de l’équipe française, p. 187
3. L’expédition contre Prondines, p. 190
Le Claveix, p. 194
La Luquine, p. 200
4. Tortures et exactions de l’équipe française, p. 208
– Différentes méthodes de torture, p. 213
– Les violences subies par les femmes, p. 217
– Les détenus morts suite aux tortures, p. 221
– L’envoi des détenus dans les camps de concentration, p. 227
5. La « Première affaire F.T.P.F. », p. 233
6. Affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. :
– L’arrestation de Reclus, p. 243
– Arrestations de membres de la Résistance P.T.T. du Puy-de-Dôme, du Cantal, de l’Allier…, p. 254
– Arrestations aux Laboratoires Radioélectriques de Clermont-Ferrand, p. 264
– La condamnation d’Alfred DORMAL Claude, p. 273
7. La rafle de Gerzat, p. 276
8. La Grande rafle d’employés et résistants du Service des Transmissions et de la Signalisation (S.T.S.), p. 283
9. La « Seconde affaire F.T.P.F. », p.298

IV. FIN DE PARCOURS, p. 309
1. Tentative désespérée (et tardive) de rallier la Résistance, p. 309
2. La fuite, p. 316 3. Repli de l’Aussenstelle, du Sonderkommando de Clermont-Ferrand et de Jean VERNIÈRE, p. 322
4. Les Procès de Georges MATHIEU et des membres de l’équipe française du Sonderkommando de Clermont-Ferrand, p. 338
– Instruction judiciaire et procès de Georges MATHIEU, p. 343
– Le procès de Christiane CUIROT, Veuve MATHIEU, p. 364

V. ÉPILOGUE : Georges MATHIEU, simple « traître » ou agent double ?, p. 385
– Infiltration de Combat-Étudiant ? , p. 388
– Infiltration des M.U.R. ? , p. 390
– Un prisonnier arrêté par MATHIEU dès septembre 1943 ? , p. 400

ANNEXE DES DÉPORTÉS, p. 405
ANNEXE I : Robert GOTHRY, p. 406
ANNEXE II : Quelques précisions sur le chapitre concernant l’arrestation de Jacques BINGEN, p. 421

COTES DES DOCUMENTS D’ARCHIVES, p. 426
BIBLIOGRAPHIE, p. 445
Journaux, p. 448
Articles, p. 449
Résistance d’Auvergne et notices A.F.M.D. de l’Allier, p. 452
Notices du Maitron, p. 454
Principaux liens internet, p . 455
Filmographie et crédits photographiques, p. 458

TABLE DES MATIÈRES, p. 459

REMERCIEMENTS, p. 462

ENCARTS:
* Georges MATHIEU, fils d’un militaire de carrière (p. 17) * Le mouvement Combat
(p. 23) * L’arrestation de Raymond STOURDZÉ Samy (p. 27) * Le réseau Albert-Armand (p. 30) * Le réseau Mithridate (p. 32) * Les premières arrestations d’agents Mithridate sur le territoire (p. 43) * Ursula BRAND (p. 45) * Robert ROTH et Joseph KALTSEISS (p. 48) * Martin GRÜNEWALD (p. 56) * La disparition d’Henri PRAT (p. 59)
* Le calvaire de Marius POURTIER (p. 63) * Les résistants Mithridate fusillés au 92
(p. 67) * La mort de Nestor PERRET (p.69) * Le repli de l’Université de Strasbourg à Clermont-Ferrand (p. 80) * Le jeune Henri BLANCHET (p. 92 ) * Le « mythe » de l’Université de Strasbourg (p. 96) * L’affaire AUBERTIN (p. 106) * Le « Château » de Saint-Maurice-ès-Allier (p. 114) * Une victime civile : Antoine VANTALON (p. 118)
* La fuite de Jean TAVERT (p. 120) * Pierre FROBERT, arrêté suite à l’opération contre Saint-Maurice (p. 127) * L’opération contre Billom (p. 132) * L’Affaire Issoire-Orbeil-Sauxillanges (p. 135) * Maquisards tués au combat ou fusillés par les Allemands le 1er février 1944 à Marcolès (p. 149) * L’affaire de Riom (p. 154) * L’opération contre Lespinasse vue par « Le M.U.R. d’Auvergne » et les Allemands (p. 160) * 5 Mars 1944 : les assassinats des frères Pierre LANGLAIS et Gabriel LANGLAIS et de Paul PRÉVOT à Saint-Ours-les-Roches (p. 166) * Gérard VERNIÈRE (p. 174) * La seconde affaire Jade-Fitzroy (mai 1944) (p. 184) * Le « tournant » du printemps 1944 (p. 190) * Les fusillés du Claveix, le 30 mars 1944 (p. 196) * Expédition contre les maquis de Champeix (avril 1944) (p. 204) * La responsabilité de MATHIEU dans le martyre d’Anne Marie MENUT Marinette (p. 224) * Changements d’effectifs au sein du Sonderkommando de Clermont-Ferrand (p. 229) * Le retournement du commissaire militaire régional aux effectifs des F.T.P.F. (p. 237) * L’infiltration d’Alfred DORMAL Claude (p. 243) * Jacques BINGEN et la volonté de combattre sur le territoire (p. 249) * Le réseau P.T.T., un maillon essentiel de la Résistance (p. 254) * Le martyre de Marcel RAPARIE (p. 261) * Alfred LELLUCH, assassiné par le SD. (p. 269) * Frantz BAMBACH (p. 276) * Le Service des Transmissions et de la Signalisation (p. 284) * Les suites des auditions de
« l’affaire Pyramide » et de la rafle du S.T.S. (p. 295) * L’exécution de Joseph FOURNIER Jean (p. 300) * Paul SAUTAREL (p. 318) * Léon BISENIUS Dubois, agent Luxembourgeois du SD. de Clermont-Ferrand (p. 325) * Kurt ECKHARDT (p. 327) * Jules DUBREZ (p. 328) * Marc BAUDOIS (p. 332) * Le procès de « la Gestapo de Clermont-Ferrand » (p. 335) * Procès de Louis BRESSON (p. 361) * Procès de Jean VERNIÈRE (p. 374) * Jeanne SAUTAREL (p. 382)