Georges MATHIEU·Publications

Raymond BONET, agent du réseau Mithridate

Le 20 décembre 1943, le SD. décide de faire fusiller des résistants au stand de tir du 92, en représailles à l’attentat F.T.P.F. contre l’Hôtel du Globe (réquisitionné par les Allemands, situé actuelle avenue de l’U.R.S.S. à Clermont-Ferrand).

Une victime restait à identifier parmi les 20 fusillés.

Georges MATHIEU évoquait en interrogatoire  » Roger BONNET, de l’O.T.I.C. », entreprise sise, comme l’indique sa notice du Maitron « 5, Rue Dumaniant à Clermont-Ferrand. Elle était spécialisée dans l’ approvisionnement des usines en appareils de précision. Il semblerait que d’autres personnes employées dans cette entreprise aient été arrêtées. »

Dans  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo  » (page 68), je me suis trompée de prénom : il s’agit de Raymond BONET (et non de Maurice), dont Éric PANTHOU a obtenu confirmation de l’identité. Il précise que Raymond, Félix, Clément BONET, est né le 12 juillet 1906 à Aix-en-Provence. Il est le fils d’Andrius, Marius, Félicien BONET, mécanicien (âgé de 24 ans), et de Louise, Marie, DÉCANIS, son épouse (27 ans), qui habitent place de la Rotonde, à Clermont-Ferrand.

Raymond BONET épouse Antonine Cécile GARRET-FLAUDY (née le 21 décembre 1908 à Augerolles, Puy-de-Dôme), le 28 novembre 1929, à Augerolles, où la jeune femme réside, chez ses parents – cultivateurs. Raymond BONET est alors domicilié à Jouques (Bouches-du-Rhône), mais il vit à Clermont-Ferrand, où il exerce la profession de mécanicien.

Raymond BONET est appréhendé par ROTH et KALTSEISS le 10 novembre 1943 à son bureau de la société O.T.I.C. Son épouse indique qu’il était affilié à un mouvement de Résistance depuis août 1942. Il semble vraisemblablement avoir été agent pour le réseau de renseignements Mithridate (auquel MATHIEU appartenait avant de collaborer).

Raymond BONET (D.C.A.J.M.)

Quelques jours après son interpellation, BONET est aperçu grièvement meurtri suite à des tortures. Il est admis « à l’Infirmerie de la prison [militaire] où six semaines après il commençait à marcher cassé en deux en traînant les pieds. » (Témoignage de Mme Germaine VANNIER).

La date de décès portée sur l’acte de naissance de Raymond BONET est le 5 août 1944. Toutefois, en 1950, plusieurs hypothèses persistent sur la disparition du résistant et s’ajoutent au récit de MATHIEU : un collaborateur raconte qu’il était encore tenu au secret à la prison militaire en juin 1944, un déporté pense l’avoir vu à Compiègne vers le 21 juillet de la même année… Or, Raymond BONET semble totalement absent des Archives Arolsen ou du Livre-Mémorial de la F.M.D., rendant l’hypothèse de sa déportation peu crédible.

La similitude entre son nom BONET (et BONNET indiqué par MATHIEU), ainsi que le fait qu’Antonine BONET soit sans nouvelle de son mari depuis le 23 décembre 1943 (date à laquelle elle vient déposer un colis au 92, mais on lui répond qu’il est « parti ») paraît renforcer la version de MATHIEU quant à l’exécution du résistant avec d’autres patriotes.

Raymond BONET, fusillé au stand de tir du 92 dans la nuit du 20 décembre 1943, décède à l’âge de 37 ans ; Mort pour la France, Homologué F.F.I. et D.I.R., Médaille de la Résistance (décret du 5 janvier 1956).

Sources :  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , Vanessa MICHEL ; courriels d’Éric PANTHOU des 24 et 25 septembre 2024 ; État civil ; Interrogatoire de Georges MATHIEU, Archives nationales 72 A.J./522 et lettre d’Antonine BONET à M. le président du T.M. de Lyon, le 12 janvier 1950, D.C.A.J.M.

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