Georges MATHIEU·Publications

1er mars 1944 : l’attaque contre le 1er Corps franc d’Auvergne et la rafle de Volvic

Dans la nuit du 29 février au 1er mars 1944, le Sonderkommando au complet (dont Georges MATHIEU), 40 soldats de la Luftwaffe et une dizaine de feldgendarmes se rendent au P.C. du 1er Corps franc M.U.R. d’Auvergne, situé au hameau de Lespinasse – commune de Pulvérières.

Trois jeunes réfractaires sont sur place :

– Jean LESME Milamo ou Milano, décède à l’âge de 20 ans, lors des échanges de coups de feu qui suivent l’arrivée des Allemands ;

– Guy PÉNIDE Quinze Grammes et Georges MARCHADIER Jojo sont faits prisonniers et aussitôt interrogés par Ursula BRAND, assistée de l’Alsacien Fred SCHNEITMANN.
Emprisonnés au 92, ils seront condamnés à mort avec 16 autres patriotes, par le tribunal militaire allemand qui siège place de la Bourse, à Clermont-Ferrand, en mars 1944, en représailles à l’attentat de la Poterne.
Tous les deux sont  » graciés  » en raison de leur jeune âge, et déportés.
Guy PÉNIDE est rapatrié mais Georges MARCHADIER Jojo meurt à l’âge de 20 ans, au camp de Natzweiler-Struthof.

Les Allemands appréhendent également trois paysans, avant d’incendier les maisons des maquisards : Marcel CHAPUT, Jacques CHAPUT et Antonin PAQUET.

La Luftwaffe et le SD. rejoignent Enval, puis l’Hôtel du Commerce à Volvic, tenu par les époux MARTINON.

Lorsque l’agent du SD. Otto STAAGE surgit brusquement dans la cuisine de l’établissement, quatre membres du 1er Corps franc d’Auvergne sont en train de déjeuner : Raymond LABAUNE, Maurice PEROL, Edmond LECLANCHÉ et Abel MARTINON.
LABAUNE abat l’Allemand net, et tous se sauvent – hormis Abel MARTINON.

Suite à leur fuite, une fusillade éclate durant au moins un quart d’heure : les soldats allemands tirent dans tous les sens, et blessent, parfois grièvement, des villageois et même des enfants.

Le colonel EDZARD fait incendier tout le pâté de maisons et des otages sont ramenés à Clermont-Ferrand.

La plaque commémorative apposée sur l’Hôtel du Commerce de Volvic indique 17 victimes, M. Gilles LÉVY en dénombre 18, dont 11 meurent en déportation. En incluant des personnes  » possiblement  » envoyées dans les camps suite à cette opération du SD., nous dénombrons 23 déportés (en comptant le résistant F.T.P.F. Eugène MARSAT, capturé au cours d’une mission pour son organisation à Volvic ce 1er mars) ou 26, si l’on ajoute les 3 personnes que nous n’avons pu identifier.

Douze à quinze meurent dans les camps ou à leur retour en France (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Étienne BARAN (27 ans) ; Pierre BOISSY (évadé lors du transport) ; Erwin BRODKA ; Marcel CHAPUT ; Jacques CHAPUT (43 ans) ; Joseph DASKOBLER ou DAFKOBLERT (20 ans) ; Lucien DEBAS ; Paul (ou Paulo) Da SILVA ; (P) Marius FAURE (35 ans) ; Anton, Antoni ou Antoine KUBACKI (décède à l’âge de 18 ans en février 1947) ; Marc LEUCHTER (34 ans) ; (P) Roger LEYRIT ; Roger MALLET Cassis (23 ans) ; Eugène MARSAT Étienne Antoine MARTIN ; Abel MARTINON ; Antonine MARTINON, née GARRET ; Pierre MARTINON Pierrot (de retour des camps, 20 ans) ; Robert MARTINON (de retour des camps, 45 ans) ; Jacques MIOCHE (54 ans) ; Antonin PAQUET (19 ans) ; Pierre PAULZE (34 ans) ; Jean-Marie POURTIER (26 ans) et Alexandre VIVIER (47 ans).

Le recueil  » Souviens-toi du 1er mars 1944 «  cite 3 déportés que nous n’avons pu identifier : « GRÜN (réfugié, mort en déportation) » ; ainsi que « BERNARD » et « MARIUS », tous les deux agents de liaison F.T.P.F. « de passage » et « morts en déportation ».

> Le chapitre » 1er mars 1944 : l’attaque contre le 1er Corps franc d’Auvergne et la rafle de Volvic « est à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo «, pp. 158 à 168.*

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