Jean VERNIÈRE*, qui a fait son S.T.O. au camp d’Auschwitz où il a dénoncé de nombreux prisonniers, rentre à Clermont-Ferrand début mars 1944.
Quelques jours après son arrivée, il rencontre un ancien camarade : Louis BRESSON, jeune membre du réseau de renseignements Jade-Fitzroy.
VERNIÈRE profite de leur amitié pour lui soutirer des informations qu’il livre rapidement au Sonderkommando. BLÜMENKAMP et Ursula BRAND le chargent alors de reprendre contact avec Louis BRESSON. Il doit lui faire croire qu’il souhaite rejoindre son organisation, sous couvert de découvrir d’autres noms de résistants.
VERNIÈRE piège si bien BRESSON qu’il fait arrêter plusieurs membres des réseaux de renseignements Jade-Fitroy et Alibi.
Trois agents, appréhendés au cours d’une rafle de représailles à l’attentat de la Poterne, le 9 mars 1944, au Bar Américain à Clermont-Ferrand, détenus au 92, sont également interrogés par le SD.
Suite à cette opération, quelques personnes sont libérées mais d’autres envoyées dans les camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : André ROUXEL (membre des M.U.R.) ; au moins 6 agents du réseau Alibi : Guy CHÂTILLON ; Jean JONQUET Janot Le Fou (P.C. 46) ; Roger JUAN ; Max ŒSCH Max (P.C. 47) ; Maurice PARMENTIER (P.C. 61) et Guy Georges THOMAS (P.C. 60) ; ainsi que 3 membres du réseau Jade-Fitzroy : Maxime ALLIOT ; Marcel GUITTET (29 ans) et Henri ROUSSEL Henry.
Cette affaire, née de la seule initiative de Jean VERNIÈRE, est à l’origine de la constitution de ce qu’on nomme couramment » l’équipe française de la Gestapo de Clermont « .
En effet, c’est suite à ces arrestations que Jean VERNIÈRE, mais aussi Louis BRESSON, sa femme Jeanne BRESSON (qui deviendra sténodactylo) et son beau-frère SAUTAREL, intègrent le Sonderkommando et sont placés sous les ordres de Georges MATHIEU, dans une équipe à part entière.
Les agents français vont montrer une cruauté et une violence inouïes lors des interrogatoires de détenus (notamment auprès des prisonniers communistes) et Georges MATHIEU va franchir un cap supplémentaire dans le sadisme dont il avait déjà fait preuve.
Il est à noter que l’équipe française du Sonderkommando de Clermont-Ferrand procède à une vague d’arrestations ( de mi-mai à fin mai 1944), qui mène à la déportation de nombreux agents du réseau Jade-Fitzroy et de résistants qui les ont aidés, ce qui est notamment le cas de (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Marcel ALLIOT (41 ans) ; Edmond BORIE (32 ans) ; Jules BORY ; Aline COUDERT, née ROYAT ; Benoni COUDERT (37 ans) ; Jules FRANCESCHI Kiki (31 ans) ; Louisette LESCHER, épouse VAN DER HEYDEN ; Fernand PIRONON ; Marie-Louise PIRONON, née DEPAILLER ; Jean SOULES et Léon TRAMEL (33 ans).
> Le chapitre » Affaire contre les réseaux Alibi et Jade-Fitzroy » et l’encart » La seconde affaire Jade-Fitzroy (mai 1944) » sont à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 179 à 187.**
* Le parcours de Jean VERNIÈRE avant son intégration au Sonderkommando et une biographie de son frère Gérard VERNIÈRE, également actif et violent collaborateur, sont à retrouver pp. 170 à 178 de l’ouvrage.
** Disponible auprès de l’auteur (32 € frais de port inclus), de votre libraire (32 €) ou sur Amazon (33 € 76).