Selon MATHIEU, cette opération a été commanditée par le major Frantz BAMBACH, commandant de la base aérienne, en possession de renseignements fournis par des miliciens. Pour Jean VERNIÈRE toutefois, la responsabilité de cette expédition incombe essentiellement à Georges MATHIEU, qui déciderait seul de monter cette action suite à l’arrestation d’un résistant.
Le 21 juin 1944, 40 à 80 soldats de la Luftwaffe (selon les sources) encerclent Gerzat. Plusieurs kommandos, composés d’un agent du SD. accompagné de 3 à 6 militaires, se rendent directement au domicile des personnes qui figurent sur leur liste. Le milicien MERLE, qui revêt l’uniforme allemand, conduirait apparemment personnellement chaque équipe aux endroits visés.
Vingt résistants F.T.P.F. sont capturés ce jour-là (dont 11 au moins appartiennent officiellement à la 1ère compagnie sédentaire F.T.P.F.), ainsi que 4 résistants M.U.R., 1 membre de Résistance Fer et deux membres des Ardents.
Ils sont pour la plupart odieusement torturés par l’équipe française au cours de leurs interrogatoires. L’un d’eux meurt d’ailleurs suite aux violences exercées par MATHIEU et ses camarades :
Georges ARNAUD, membre de la 1ère compagnie sédentaire F.T.P.F. du Puy-de-Dôme depuis le 12 mai 1943 est interrogé à deux ou trois reprises par l’ensemble de l’équipe. VERNIÈRE rapporte : « Chaque fois il fut frappé à coups de nerf de bœuf et il lui fut appliqué le système (…) de » La Balançoire. » (…) Ainsi donc ARNAUD comme beaucoup d’autres subit ce supplice, au point qu’il décéda à la prison. Un soir, vers 22 heures, nous allâmes chercher son corps avec MATHIEU, PEGLOW et GRÜNEWALD et le transportâmes à Aulnat, où il fut enterré dans un trou de bombe, situé à 100 mètres environ en avant des 4 hangars adossés à la route de Pont-du-Château, un peu avant d’arriver à l’A.I.A. [Atelier Industriel de l’Air]. Ce fut le seul corps que nous enterrâmes ce jour-là. » MATHIEU refuse dans un premier temps d’avouer sa participation à la dissimulation de la dépouille de Georges ARNAUD, décédé à l’âge de 37 ans, aux environs du 25 juin 1944. Face à une confrontation, il reconnaîtra enfin son implication ainsi qu’ » être en partie responsable de la mort d’ARNAUD « .
Au moins 31 résistants, soit 3 femmes et 28 hommes (en comptant deux résistants appréhendés plus tôt), sont déportés suite à cette action. Vingt-sept meurent dans les camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Jean Marius ACHARD (40 ans) ; Anastase ALLAIN (59 ans) ; Antonia AVEL, née DUFRESSE (42 ans) ; Joanny AVEL (45 ans) ; Pierre BARBIER (23 ans) ; Antony BARDIN (39 ans) ; Claudius BARDIN (40 ans) ; Louis BOURRAT Taravant (38 ans) ; Jean CHARROIN (29 ans) ; Alphonse CHATAIGNIER – ou CHATAGNIER – (38 ans) ; Camille CHAUMONT (35 ans) ; Jean-Joseph CHOMETTE (44 ans) ; Francisque CORNY (50 ans) ; Élie DUGAY (25 ans) ; Louis FANGHOUX ; Félix FAROUAULT (41 ans) ; Simone GODARD, née MERCIER (43 ans) ; Charles JARRY ; Annet JOUVENCEAU (33 ans) ; Pierre LABBAYE (30 ans) ; Antonin LACOMBE (46 ans) ; Marius MICHEL Marius (57 ans) ; Adolphe MONTAGNON (53 ans) ; Antoine SERRE (40 ans) ; André TURICHI (40 ans) ; Régine VACHER, née LABAISSE (41 ans) ; François VALLET ; Georges VALTON Cavar ; Pierre VALTON Mouret (57 ans) ; Jean VERNEY Jeantout (50 ans), ainsi que Louis VIDAL (24 ans).
> Le chapitre » La Rafle de Gerzat « , est à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 276 à 283.*
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