Georges MATHIEU·Publications

La Seconde Affaire F.T.P.F.

Cette opération commence par l’arrestation de quatre membres de la 1ère compagnie sédentaire F.T.P.F. du Puy-de-Dôme, à un barrage de la Luftwaffe, dans la nuit du 18 au 19 juillet 1944.

Francisque BARRAIRE Ernest, Joseph FOURNIER Jean, André PIGNOL André et Pierre SERVOIR Anatole, qui reviennent d’un sabotage de voie ferrée, sont rapidement transférés au 2 bis avenue de Royat.

FOURNIER, pressé de questions par HÜCK, lui lance une machine à écrire à la figure. Une bagarre s’en suit et le résistant, qui tente de s’enfuir par la fenêtre, est rattrapé puis roué de coups. André témoignera après-guerre que son camarade FOURNIER est « ramené en cellule, traîné par les pieds, affreusement mutilé ».

Tous, extrêmement violentés, sont contraints d’admettre leur participation au sabotage.

Le lendemain, le Sonderkommando arrête Martin POUGHEON André, commissaire militaire aux opérations de la 1ère compagnie sédentaire et Claude SERVAJEAN.

Le 20 juillet, l’équipe française part récupérer du matériel mais la Milice est déjà sur les lieux. Elle leur livre plusieurs F.T.P.F. détenus dans leurs locaux.

En tant que résistants communistes, ils sont odieusement torturés, en particulier par Marc BAUDOIS lequel, « en tant qu’ex F.T.P.F., était un spécialiste de la question » et réussit, explique VERNIÈRE « à obtenir de nombreux renseignements. »

Marie LACHAUD, boîte aux lettres des F.T.P.F. et membre de l’organisation créée par le P.C.F. : le Front national de lutte pour la Libération et l’Indépendance de la France, est elle aussi interpellée.

Deux autres F.T.P.F. seront remis au SD. après la Grande rafle du quartier de la Plaine à Clermont-Ferrand, le 22 juillet.

Au cours de cette « Seconde affaire F.T.P.F. », où le SD. de Clermont-Ferrand fait preuve d’une violence à son paroxysme :

* Joseph FOURNIER Jean, officiellement membre de la 1ère compagnie F.T.P.F. du Puy-de-Dôme depuis le 1er mars 1943, mais plus vraisemblablement entré en Résistance à partir de l’automne 1942, est fusillé sur le terrain d’aviation d’Aulnat suite à sa tentative d’évasion – en même temps que Marinette MENUT et 4 ou 5 autres détenus. Il décède le 19 juillet 1944, à l’âge de 43 ans ;

* Antoine BOILLE Leroy, militant C.G.T., membre du détachement Marat, « lieutenant, de septembre 1942 jusqu’en juillet 1944 », est par ailleurs porté comme membre de l’État-major départemental F.T.P.F. du Puy-de-Dôme, du 1er décembre 1943 jusqu’à son arrestation. Il indiquerait également être à la tête des Milices patriotiques pour l’usine de Tallende.
Antoine BOILLE serait interrogé et martyrisé une première fois par VERNIÈRE, MATHIEU et SAUTAREL, et une seconde par « je ne sais qui » dit MATHIEU, qui tente sans doute de minimiser ses responsabilités.
Il meurt, très vraisemblablement suite aux tortures infligées par l’équipe française, à l’âge de 42 ans, dans une cellule du 2 bis avenue de Royat, à une date indéterminée (entre le 22 et le 29 juillet 1944). Son corps ne sera jamais retrouvé ;

* Martin POUGHEON André, militant C.G.T. et membre du P.C.F., apparaît dans l’état nominatif des cadres ayant appartenu à la 1ère compagnie F.T.P.F. : « capitaine avril 1942 à juin 1944 a été [Commissaire militaire aux Opérations] de la compagnie depuis la formation. »
Martin POUGHEON est violemment frappé par MATHIEU, BRESSON, SAUTAREL et VERNIÈRE, mais il n’avoue rien. ECKHARDT se joint alors aux tortionnaires français « pour le faire parler », si cruellement que Martin POUGHEON meurt dans sa cellule, à l’âge de 44 ans, au cours de la nuit (le 19 juillet 1944 sur son acte de naissance).

Les autres F.T.P.F. appréhendés lors de cette opération du Sonderkommando sont déportés. La majorité d’entre eux meurent dans les camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Georges BACHELET Matelot (20 ans) ; (possiblement) Joseph BALLARIO ; Francisque BARRAIRE Ernest (41ans) ; Maurice BOURDUGE ; Louis CLOUVEL (18 ans); Roger ESTORGUES Gilles (29 ans) ; André PIGNOL Dominique ; Claude SERVAJEAN (49 ans) ; Pierre SERVOIR Anatole (34 ans) ; Charles SIMON Jack et Jean TOURAILLE Freddy (26 ans).

> Le chapitre  » La Seconde affaire F.T.P.F. « , est à retrouver dans l’ouvrage  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 298 à 308.*

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