Première partie: Arrestation et suicide de Jacques BINGEN, successeur de Jean MOULIN à Chamalières, le 12 mai 1944: ici
L’agent double belge Alfred DORMAL Claude, sait que René VITOU Eugène, le responsable des liaisons M.U.R. de R6, devait retrouver Jacques BINGEN Reclus à Ferrières-Sainte-Marie (dans le Cantal), pour le présenter à l’agent de liaison d’Henry INGRAND.
HÜCK, BISENIUS et DORMAL prennent VITOU en filature dans le train, mais ils l’interpellent (très étrangement) avant qu’il ne se rende à son rendez-vous, une station avant Ferrières-Sainte-Marie.
Conduit 2 bis avenue de Royat, Eugène, qui a travaillé avec DORMAL (qui infiltre les M.U.R. depuis des mois), ne peut nier plus longtemps son rôle dans la Résistance et ses activités – tant à Marseille, qu’à Clermont-Ferrand, ou à Montpellier.
ECKHARDT décide d’une action à laquelle participe toute l’équipe française (notamment à la Poste centrale, place Delille à Clermont-Ferrand).
Plusieurs membres des M.U.R. (employés P.T.T. ou ambulants S.N.C.F.) sont appréhendés les 14 et 15 mai 1944.
Tous les prisonniers sont frappés et interrogés par MATHIEU, BRESSON, VERNIÈRE et SAUTAREL.
Ceux qui ont pu être identifiés sont tous déportés. Un seul rentre des camps (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Michel CHAPELLE (58 ans) ; Maurice FOURNIER (54 ans) ; Pierre FRÉRY (26 ans) ; Lucien MICHEAU (33 ans) ; Marius MONTMORY (39 ans) ; Jean-Baptiste PACCARD (52 ans) ; Émile ROUX Pierre Duval ; Étienne SERVANT (54 ans) et René VITOU Eugène (21 ans).
Le SD. a trouvé un carnet sur un détenu, dans lequel figuraient « des noms d’employés P.T.T. en lien avec la Résistance. »
Cette découverte amène à des interpellations au sein du réseau Action P.T.T. de l’Allier et du Cantal – 20 à 70 personnes seraient appréhendées selon les sources (mais aucun dénombrement ne semble avoir été effectué).
Le 15 mai, le SD. de Vichy procède notamment, dans l’Allier, aux arrestations de : René CHALMET (29 ans) ; Fernand GÂTEAU (42 ans) et André INFARNET (34 ans). Georges RINGARD (33 ans) est arrêté le 19 mai, et Louis RIOU, le 9 juin (34 ans).
Tous meurent dans les camps (les âges de décès sont entre parenthèses).
C’est aussi le 15 mai que le SD. de Montpellier interpelle notamment ces membres du réseau P.T.T. de l’Hérault : Joseph TUDES (libéré le 9 juin) ; Jean-Louis EUTIQUE (42 ans) et Jean LAGARDÈRE (rapatrié).
Suzanne RAPARIE, membre d’Action P.T.T. dès 1943 et du S.R. des M.U.R. du Cantal, indique qu’on vient l’arrêter sur son lieu de travail à Saint-Flour (Cantal), le 15 mai 1944, vers 15 heures. Employée des Postes de la ville, elle assure la transmission clandestine des télégrammes ainsi que les communications téléphoniques, et figure dans le carnet découvert sur le résistant arrêté à Clermont.
Mlle RAPARIE est immédiatement conduite chez elle, où se trouvent son frère Marcel RAPARIE et sa mère. Son domicile est longuement perquisitionné, puis les enfants RAPARIE sont conduits au commissariat central d’Aurillac, où ils passent la nuit avant d’être transférés à Clermont-Ferrand.
MATHIEU confirme que Suzanne RAPARIE n’avouera rien en interrogatoire en dépit des brutalités infligées.
Marcel RAPARIE est arrêté en même temps que sa sœur Suzanne, bien qu’il n’appartienne pas à la Résistance P.T.T. – membre du mouvement Franc-tireur dès 1942 et d’une sizaine selon AMARGER, Marcel RAPARIE est inscrit comme membre de l’État-major départemental des M.U.R. du Cantal du 1er janvier au 15 mai 1944.
MATHIEU, qui est le premier à l’auditionner, rapporte avoir classé son dossier car « il ne connaissait rien de l’organisme de Transmission des M.U.R. »
Marcel RAPARIE aurait dû être libéré, mais suite à l’arrestation dans le Cantal d’Édouard TROUPENAT Dadou (décédé à l’âge de 20 ans au camp de Bergen-Belsen), il est réinterrogé par KALTSEISS, ROTH et BAUDOIS (ex. F.T.P.F. retourné par le SD. lors de la 1ère affaire F.T.P.F.), vraisemblablement le 15 juin.
Marcel RAPARIE est alors tellement martyrisé qu’il décède dans le bureau même de KALTSEISS (d’autant que ce dernier lui refuse des soins). Il avait 28 ans.
Le 17 mai, vers 19 heures, un kommando se rend au café MALLET, situé rue des Lacs à Saint-Flour, pour tenter d’appréhender COULAUDON.
Le jeune Pierre RIGAL, agent de liaison du réseau P.T.T. et de Jean LÉPINE (chef des M.U.R. du Cantal), membre de la compagnie des Transmissions F.F.I. d’Auvergne, est arrêté tandis qu’il est en possession d’un important document qu’il a le temps de jeter sous une banquette. Il est ramené avenue de Royat et torturé.
Pierre RIGAL décèdera en déportation. Il avait 17 ans.
Étienne MALLET Caïffa, patron du café, membre des F.F.I. d’Auvergne du 1er avril 1944 au 17 mai, est également transféré avenue de Royat à Chamalières. Il décède à l’âge de 43 ans, suite aux tortures qui lui sont infligées au siège du SD., le jour de son interpellation (ou entre le 17 et 31 mai, selon jugement).
Après cette opération, le SD. va procéder à des arrestations aux Laboratoires-Radioélectriques : ici
> Le sous-chapitre » Arrestations de membres de la Résistance P.T.T. du Puy-de-Dôme, du Cantal, de l’Allier…« , est à retrouver pp. 254 à 264. Il fait partie du chapitre » Affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. « , pp. 243 à 276 de » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « . *
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