Georges MATHIEU·Publications

L’affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. (1)

L’affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. est une des plus vastes opérations du Sonderkommando de Clermont-Ferrand – à laquelle participe également l’équipe  » concurrente  » à celle de MATHIEU: l’Aussentelle, qui dépend aussi du SD.

Alfred DORMAL Claude est un agent-double belge recruté par l’Abwher (le service de contre-espionnage de l’État-major de l’armée allemande) en février 1943. Il est missionné contre la Résistance en France à l’automne de la même année.

Depuis des mois, Claude a infiltré l’organisme de liaison des M.U.R. Il est entré dans le réseau via un ancien camarade, qu’il croise par hasard à Marseille: Jean LIBERT.*
À l’occasion d’une formation  » aux méthodes de chiffrement puis aux mécanismes des liaisons « , Alfred DORMAL rencontre le responsable national des M.U.R. puis du M.L.N. : Jacques JOURDA Jacquemin.

Claude travaille avec René VITOU Eugène, qui va bientôt être muté à Clermont-Ferrand en tant que responsable régional des liaisons de la Région 6 (l’Auvergne).

Selon MATHIEU, DORMAL n’a pas le temps de monter une équipe.
Il se rend donc au siège du SD., la veille de l’arrivée de Reclus, et prévient ECKHARDT que l’envoyé de de GAULLE en France (qui est le successeur de Jean MOULIN) sera à la gare le lendemain.

Le 12 mai 1944 (ou le 13 selon certains), MATHIEU fait partie des membres du SD. envoyés en gare de Clermont-Ferrand, avec PEGLOW, GRÜNEWALD et l’agent luxembourgeois Léon BISENIUS Dubois.
Ils interpellent un homme,  » CHAPELIER, contrôleur des Postes « , et le ramènent avenue de Royat, à Chamalières, sans avoir rien trouvé de compromettant sur lui.
Tous partent se reposer en attendant confirmation de son identité par DORMAL.

Reclus, resté sous surveillance au poste de garde, assomme un de ses gardiens et s’enfuit… Il sera rattrapé et reconduit au siège du SD., où il avale la capsule de cyanure qui lui a été transmise à son départ de Londres. Il décède à Chamalières, à l’âge de 36 ans. Son corps ne sera jamais retrouvé.

MATHIEU indique que le SD. n’apprend que quinze jours plus tard, par un télégramme venu de Paris, que le résistant appréhendé se nomme Jacques BINGEN, « envoyé spécial de de GAULLE en France, chargé de toutes les liaisons télégraphiques et téléphoniques sur l’ensemble du territoire pour le compte de la Résistance. »

Dans la lettre écrite à sa mère, le 15 août 1943, Jacques BINGEN écrivait :

Deux opérations suivent la capture et le décès de Jacques BINGEN :

1°) Arrestations de membres de la Résistance P.T.T. du Puy-de-Dôme, du Cantal, de l’Allier… : ici
2°) Arrestations aux Laboratoires Radioélectriques de Clermont-Ferrand : ici

> Le sous-chapitre  » L’arrestation de Reclus « , qui contient des détails sur l’infiltration des M.U.R., la biographie de Jacques BINGEN, les différentes hypothèses sur sa date de décès… est à retrouver pp. 243 à 254 ; le sous-chapitre  » La condamnation d’Alfred DORMAL Claude  » se trouve pp. 273 à 276.
L’intégralité du chapitre,  » Affaire contre les organismes de liaison des M.U.R. « , se situe pp. 243 à 276 de  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « . **

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