Aquarelle·Des absences et des présences·Peinture·Poésie

Verts ailleurs

Aquarelle et technique mixte sur papier, cadre sous-verre 21 x 29, 7 cm (2026).

Les silences naviguent sur le rebord du ciel comme sur le bout d’une langue lointaine et étrangère.
Je les regarde s’accrocher, s’échapper dans les nuages, emplir mon horizon d’invisibles rivages.
Pas d’orage dans les bleus ni de pleurs dans les ambres. Verts ailleurs, à saisir, à s’y méprendre.

Aquarelle·Les aurores Floréal·Peinture·Poésie

Un simple instant

Un simple instant (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

J’ai pas envie d’écrire, envie de dire,
Envie de rire
J’ai pas envie de « pauser », de reposer,
De mes dires

Comme un écho au vide-vide
Tout me demande de déguerpir

(Partir de soi un simple instant).

Laisser s’enfuir les peurs,
Les pleurs, les souvenirs.
Les délais
— les besoins de raccrochement.

Ressentir mes antipodes :
L’endormissement des sentiments. 

Changer de peau, échanger de corps, changer de mots.

(Devenir)

Fleur ouverte,
caressée par les abeilles,
butinée par le soleil,
éblouie par le temps.

Aquarelle·Les aurores Floréal·Peinture·Poésie

L’entrée du bourg

L’entrée du bourg (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Je contemple les vaches au loin, de l’entrée du bourg. Certains veaux se courent après devant quelques buissons, des chênes, des châtaigniers. Face à moi : l’étang et son défilé des saisons, l’eau qui va déborder avant de geler en hiver ; l’eau qui stagne en été, source d’hirondelles joueuses et de libellules pressées.

    Je savoure ce panorama resserré, suranné. Un tableau d’impressionniste. Je savoure et je me rends compte qu’il y a cinquante ans, cent ans, ou plus, le paysage était (selon toute vraisemblance) identique. D’autres personnes ont regardé ce que j’observe à la virgule près. D’autres personnes, d’autres arbres, d’autres vaches… et toute cette existence forgée sur des décennies qui n’a fait que vivre, vivre, vivre a comme un goût de musée.

    Mes yeux s’abandonnent à une image d’Épinal. 

Aquarelle·Les aurores Floréal·Peinture·Poésie

Réminiscence

Réminiscence, Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Fragile souvenir, volatil.

J’imaginais ton nom à ton image tendre et joueuse ; suave, volubile. Lettrage acidulé, sonorités portées vers le fleur bleu, les regrets. Du romantisme plein les clichés.

Je songeais à tes tourbillons et à tes cascades-syllabes en sursis, aux couleurs qui dévalent tes rires-ravalent tes larmes ; je songeais à tout cela et à ce qui remonte dans l’éther, au creux de chacun de mes pas.

Tous, nous t’attendions.

Nous t’attendions comme nous espérions le coup de foudre. Depuis des jours, depuis la nuit des temps.

L’herbe est si calme, tarie, recroquevillée sous les trèfles des prés qui suffoquent.

À un moment, la pluie, la mémoire poursuivie par un parfum enchanté au prénom caverneux, bourru —étranger.

Pétrichor, as-tu seulement existé ?

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Les iris oubliés

Les iris oubliés, Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Heureuse, le ciel me mange le cœur.
La joie du printemps contagieuse.
Les vides ravivés hélas s’en vont, s’en reviennent en surface
— des profondeurs.

Mes nouveaux ailleurs jettent un œil en arrière.
Plus rien ne m’y retient. Et pourtant !
La plénitude s’étire, puis se rétracte en chemin.

Le bonheur sursaute, saisi, transi par des sentiments contraires.
Le bonheur grelotte, se maintient, se réchauffe à demain.

Funambule sur corde fébrile, sur corde raide.
Au hasard des linéaments de mes iris oubliés.
Ceux du fond du jardin.

Une enfance.

Libérée, les oiseaux me font du gringue.
Le détachement porte ses deuils.
(Une empreinte).

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Bientôt, le réveil

Bientôt, le réveil (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Bientôt, le réveil des grillons. Le village dort encore.

Vacarme des oiseaux et chant des fleurs.

Mes pieds battent tambour,
le vent court, affole les blés verts.

Du soleil plein le cœur.

Je sculpte le chemin, les jambes enlacées par la rosée et les pois de senteur, mes hanches frôlées, caressées par les fougères, par toute une végétation déraisonnable et insensée.

Engloutie dans ce couloir de fougue, l’horizon s’est perdu, mais moi, je suis bien là.

Au loin, fragiles beautés ballottées par le temps. Coquelicots poésie légèreté, comme deux bijoux abandonnés.

Aquarelle·Des absences et des présences·Peinture·Poésie

Croissant de lune

Aquarelle et technique mixte sur papier, cadre sous-verre 21 x 29, 7 cm (2026).

Premier croissant de lune, pudique, mais triomphant, tu te dévoiles, éblouissant le soleil. Ta présence, une prophétie, émerveille en silence, dénude les profondeurs, sculpte les poésies. J’adore… tes reflets qui frissonnent sur les terres et les mers de toutes mes fantaisies. J’adore ! tes cache-cache qui bouillonnent, illusionnent et rayonnent leurs sentiments transis.

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Un jour, les genêts

Un jour, les genêts (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Nuit sans sommeil, ardent éveil.
Bye-bye lune de miel ! 
Aveux cruels flamboient en mon for intérieur ;
ma forteresse intime livrant enfin son cœur.

Saccade des jours sans soleil :
Tunnel de pluie, lucide réveil.  
Les illusions s’enflamment
sans attendre
ni entendre
leur faim.

Dansent denses souterrains !
Par-delà le brasier où plonge le passé,
mes incandescences programmées.

Tout se consume dans la sincérité.

Un jour (pourtant)
Les genêts et leurs ors
(me) redeviendront
Les beautés qu’ils furent,
Des fulgurances à aimer.