Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

Origines

Origines (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Sous les ponts du passé dépassés coule un flot inconnu ; réminiscences abstraites, étrangetés — l’ai-je vécu ?

L’arôme du mimosa s’échappe sur le boulevard bordé de platanes. Je ne le prends pas au sérieux — j’ignore que ces terres demeurent un ailleurs à beaucoup.  Le soleil bat sa mesure, le plus souvent sa démesure. Soleil criard, soleil criant. Littéraire, littéral. Et tout ce vent !

Ciel plat, mer bleue, mer lointaine. Trente kilomètres sont un bout, sont au bout du monde. Méditerranée calme même quand Mistral violent la malmène, alors que mes ondes intérieures bouillonnent.

Tout se fige. Petites montagnes cernent et enferment — pelées, dépouillées, taries. À cœur ouvert. Cymbalisations monocordes cèdent la place aux grillons, papillons et moustiques, à cette chaleur qui étouffe-essouffle-oppresse. Moiteurs impossibles, intenables, de ces nuits envoûtées et lourdes — toutes ces nuits sans sommeil.

Sur le pont du présent, un sourire en coin me regarde. Joies et couleurs du Sud m’ont poursuivie. Malgré ceci (et malgré cela), elles font partie de moi.

Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

D’un trait

D’un trait (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

La pureté l’épure les matières la lumière tout le spectre des couleurs caressées déposé au pinceau parce que la chair sur tous les tons sans entraves de mon cœur à la toile légèretés délicates et vibrance des profondeurs adieu l’idée plutôt l’intuition les instincts les pensées attendries qui embrassent et embrasent les hasards et les drôles de coïncidences

Ici et ailleurs le tout et son contraire sur un fil : la maîtrise et la surprise aller vite et musarder teintes chaudes et teintes froides des empreintes et des mémoires ni pâte ni trop de traces rayonner résonner sublimer palpiter  les exubérances timides de cet abstrait qui se figure les imaginations et la poésie comme des réalités.

Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

Printemps en bataille

Printemps en bataille (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Printemps en bataille brouille mes cartes. À perte de vue, les souvenirs se sont tus. J’observe les déshérences s’évanouir. Parfois les nuages forment un bouquet d’écumes. Parfois je poursuis des merveilles qui tardent à éclore, révoltent avec tendresse mes invisibles aurores. Parfois aussi, l’agitation et les doutes n’ont plus aucune importance. Qui suis-je face aux impudeurs du soleil.

À main levée, j’esquisse mes langueurs — mes mouvements de l’âme et du cœur. De corps en corps, de fleur en fleur, je poursuis ce rythme effréné vers Encore, vers Nulle part, vers Ailleurs. Il me dépose juste au pied de la Vie.

Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

Enfance

Enfance, Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Ma genèse frappe ses mélancolies à la porte des jours, à la porte des nuits. Refrains des impasses, malhabiles échos qui se chantent pieds et poings déliés, qui se dansent l’âme épouvantée par ses rêves de grâce.

Vestiges vertige des origines tâtonnent, s’abandonnent.

Bourgeons-bourdons frissonnent-fredonnent ; libellule pressée ; papillon déraisonne. Tourbillonne tourmentée la lune pleine en pleine journée.

Je cours après l’éther qui secoue les larmes invisibles et remue les vies de tout ce qui me cerne. Je cours après ce vent délivré,  » Envole mes bouteilles à la mer !  » Soulève mes mythes, fées affolées, fais chavirer poupées de chiffons, cocottes en papier.

Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

Fleurs sauvages

Fleurs sauvages (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Les pommiers sauvages habitent mes partitions et hantent mes rêves. Bourgeons et fleurs fugaces, éternelles.

Certains chatons ressemblent à des larmes, à de beaux bijoux taillés dans une pluie d’or timide. Ils contiennent les réticences des ciels gris, des aboulies, disparaissent inspirés par les turbulences du printemps, aspirés sans un bruit par ses minauderies.

La vie. Pépiements, babils, effloraisons effleurant ma peau, mes sentiments — des flâneries.

Ces soleils qui traversent mes solitudes et les herbes folles effeuillent et enfantent mes émotions, dépaysent mes extases et mes pâmoisons pour de bon.

Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

Idylles nouvelles

Idylles nouvelles (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

L’incandescence des rêves fracture mes horizons. Coupée en deux, j’ai hâte patiemment. À foison ! Une tristesse, une peur après l’autre.

Une peur, une tristesse à la fois.

Aux mondes de l’avant-nuit se superposent pourtant les idylles nouvelles. Sans un bruit la légèreté fait signe, grime-t-elle ses illusions.

Et puis l’envie de croire cette vérité finalement, la reconnaître. L’envie de croître par-delà les nuages : la rencontrer.

Outre mes orages de la lumière
comme
s’il
en
pleuvait.

Cascades et cordes d’espoirs — peut-être — météores dévalant, dévalisant mes intuitions.  

Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

Les sillons

Les sillons (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Pavés hostiles, vue désœuvrée. Lourd silence des temps gris des temps désarticulés. Il me semble détricoter mes vieux bouts de ficelle depuis des siècles.

Mon deuil des manques s’étire-baille-soupire au cœur d’une foule bancale. J’trace une déroute festive, précise et solitaire, au milieu des flux et des débâcles.

Mon heure et mes chemins perdus !

Marcher plutôt dans les sillons délaissés des animaux sauvages /
Témoins flagrants et muets de leur vie, de leur passage. Ils sont—Ils ont été tout comme moi disparus réapparus planqués.

Herbe malhabile, regards désorientés. Léger vacarme des temps bleus déboussolés temps désarmés qui riment à tout désormais. Atout cassé. À tout aimer.

Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

Rétrospectives

Rétrospectives (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Des espoirs de cause, désespoir d’origine, tout ment et indispose dans la cité orpheline. La rencontre des univers vastes se morfond, se languit.

Les saisons désœuvrées les pâleurs étouffées mélancolies et joies calfeutrées — un comble : me sentir comblée. Mes saisons désœuvrées, engourdies et lasses, embourbées – hélas embourbées — mes saisons des regrets.

Je voudrais inventer l’étoile éprise accrochée aux cimes, arpenter les toiles acharnées attachées aux chimères — écorchées aux cimaises.

Quelquefois les peintures poussent les murs de mes galeries imaginaires.

Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

Le voyage

Le voyage (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

L’infini d’un cosmos, sa beauté éternelle. Et puis ce creux en bord de gouffre, ce manque : un appel. Une soif ? Dans les miroitements du soleil à fleur d’eau, à fleur de peau crépitent les désirs en sommeil. Dans le chant suspendu d’un oiseau, l’amour m’appelle, se rappelle. Inassouvi et libre, l’amour veille. Encore.

À l’aube du printemps comme à l’ombre de l’hiver, caprices, convoitise même, des voix souterraines. Langueurs-clameurs-vapeurs soudaines des désirs sans sommeil. L’ivresse des En vie sous la surface nubile, volatile. Encore !

Et maintenant,
Doux rivage sans atterrissage.
Quel voyage que ces frissons sur mon corps.

Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

L’océan des murmures

L’océan des murmures (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

À pas de loup, l’océan des murmures, appât feutré pattes de velours, avance et appâte en silence.

L’océan sourd, l’océan saoul.

Dévide, dévie.  

S’enfuir de quelle de belle manière des nostalgies de ce qui aurait dû, aurait pu — enfin (peut-être). S’extraire en toute façon des si et si et si ces décennies et si enfin ! (peut-être).

Des murs d’impasse, tous les vides de toutes ces vies parcourues à peine vécues. Les racines des regrets s’émerveillent. Elles s’étirent et bégayent mon présent ; échos subits, répliques funambules. Implacables au beau milieu d’un soleil dévoilé, dénudées et vives, en plein cœur, en plein charme d’un bonheur qui implose son rire et qui court sans relâche malgré tout dans mes veines.