Aquarelle·Les jardins naufragés·Peinture·Poésie

La calanque des souvenirs

La calanque des souvenirs (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

    Mes jeunesses éperdues racontent leurs outre-moi, violentent les émois disparus. Elles quêtent un silence parfois de drôles d’absences. Parfum de thé bergamote air de guitare voix vagabonde. Des cheveux longs. La beuh du Mans et les clopes en francs. Peindre ensemble.

    Mes ellipses disent muettes ces temps des devenirs. Écrire. Attendre une lettre. Laisser partir, laisser mourir — Vivre. Mes éclipses d’hier figent et subliment les tristesses, la beauté des sourires apatrides. Esquive. Ressuscite et retiens — Vivre.

    Dans la calanque des souvenirs les tendresses invisibles ont le goût des romans que je choisis d’inachever.

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Soleils couchants

Soleils couchants (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

Le soleil couchant déshabille et sacrifie ses éternités pour une splendeur, un souffle coupé. Tic-tac. Lenteur évaporée d’un rituel immuable ; je savoure sa disparition. En pâleur, en masque ou en exubérance, je sais qu’il reviendra.

D’allers en retours, le travail en « Cours, toujours ! » des exils et des ancrages. Les cieux fragiles tombent quelquefois de Charybde en Scylla. Les panoramas s’estompent, trompent les apparences, déjouent mes tours de passe-passe — mes impasses.

Précipitent mes précipices avec charme.

La syntaxe devient étrangère, le toucher anonyme.
Le temps claudique et baragouine.
Cacophonie de couleurs, crépuscule disparate… toutes mes révoltes s’inclinent !

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L’oracle du printemps

L’oracle du printemps (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).

    L’oracle du printemps revenu murmure ses promesses et ses tourmentes. Je l’écoute, éternel, irréel, égrener ses visions nostalgiques et sages, brandir ses audaces, arrondir mes angles. Étrenner le mal d’un pays que je ne connais pas. J’ignore tout du passé lorsqu’il me susurre l’avenir ; ce que je dois encore lâcher, déchirer et laisser partir.

    Me quitter.

    L’oracle du printemps désincarne mes évasions. Il suspend mon envol à ses lèvres. Je les goûte, l’écoute encore, agrippée à ses élans, à ses lumières. Parfois je me dis qu’il ne souffle peut-être que le vent, qu’il ne souffre peut-être que l’instant. Et je me demande qui frappe à ma porte avec une telle insistance.