
L’oracle du printemps revenu murmure ses promesses et ses tourmentes. Je l’écoute, éternel, irréel, égrener ses visions nostalgiques et sages, brandir ses audaces, arrondir mes angles. Étrenner le mal d’un pays que je ne connais pas. J’ignore tout du passé lorsqu’il me susurre l’avenir ; ce que je dois encore lâcher, déchirer et laisser partir.
Me quitter.
L’oracle du printemps désincarne mes évasions. Il suspend mon envol à ses lèvres. Je les goûte, l’écoute encore, agrippée à ses élans, à ses lumières. Parfois je me dis qu’il ne souffle peut-être que le vent, qu’il ne souffre peut-être que l’instant. Et je me demande qui frappe à ma porte avec une telle insistance.