
Picorer le soleil sur ta peau
la nuit Le jour
Dérober une étoile sur ton sourire.
Peinture & Écriture

Picorer le soleil sur ta peau
la nuit Le jour
Dérober une étoile sur ton sourire.

Fauve horizon
Mesure ses déraisons
En longueur d’onde,
Un prisme après l’autre
Mon intime théorie des couleurs
Enlace Matisse,
Enlace Goethe
Quand, d’une page complètement nue,
Les attirances élèvent
Les grandes étendues.

La nuit tombée jeune étincelle,
Ma détresse part en vadrouille.
J’emporte mon jardin d’Éden,
Mes grandes inconnues,
Farandoles et aquarelles…
J’emporte la joie engourdie
Qui se réveillera
à la prochaine aurore,
J’emporte mes espoirs
Feu ! mes tragédies
— Qu’importe —
Puisque brille la nouvelle nuit.

Le frêne danse, la rosée caresse,
Deux mésanges se font la cour,
La course à la tendresse.
Une volupté
Vestige de la saison belle,
Légèreté,
Vertige de la beauté.
Tout flotte, invisible,
Porté par les sentiments
Invincibles.
Musiques imaginaires
Plein les herbes folles
De cet été sur sa faim :
Soleil et Joie
Refusent de partir.

Tout tranquille,
La tête dans les nuages,
Sans envie, sans ennui ;
Immuable.
Ton coq couronné de choucas surplombe trois tilleuls, pèlerins figés à la floraison qui enivre et dont l’effeuillage dévoile, chaque année, le même nid de pie délaissé et désœuvré.
Un défilé, de mariés et de morts, de guerres, de nouveau-nés sous tes bardeaux de châtaignier
— mais tu n’as pas bougé.
La brise chatouille, le soleil baigne, la pluie illumine.
De toutes les saisons et de toutes les ères,
Cela est — et « cela » te suffit.

Vert ombrageux
Et fougues fécondes,
Le bonheur…
à des kilomètres à la ronde !
Mélanger nos Je t’aime,
Ambre et azur amoureux,
Mauve amant et rose bohème,
Un poème,
De frissons et de feux.

Un cri inconnu et strident
m’est devenu familier aux crépuscules du printemps.
Je ne te connais pas.
C’est plus tard que ta silhouette trapue se dessine sur les toits.
Immobile et fière, revêtue d’ombre, détachée sur un ciel de lumière…
Semaines et canicules s’écoulent et se succèdent jusqu’à tes yeux plantés longuement dans les miens. Jusqu’à notre rencontre, un matin.
Tu t’envoles ;
Tu me laisses,
Témoin de ta beauté,
Une offrande gracile :
La mémoire de ta liberté.

Le printemps fragile miroite sans cesse au cœur de la hardiesse, de la robustesse de l’hiver.
Aucun froid ne retient plus les mémoires de la vie.
J’emmitoufle mon regard dans les trèfles et les liserons frileux,
sous les plumes d’un merle noir.
Il ne s’agit plus de patienter ou d’espérer les éclats derrière les gelées, derrière le brouillard ;
d’un claquement de doigts tout jaillit du polaire, tout éclot du glacial.
D’un claquement de doigts : tout est là.

Une montagne me cache les allées et venues, les années venues — mes impressions.
Sous les strates qui s’effritent grâce à la joie de la beauté, sous les masques qui tombent à la lune pleine (cependant),
Tout un univers de songes vrais.
La pluie sur les pavés réverbère le silence des lumières.
Les étoiles plongent dedans, comme un soleil.
Derrière l’abattement tranquille, un or naissant. Des pistils et pétales plein le cœur, des passions plein l’horizon.

Nuages, comme des menhirs
Mirages aux merveilles.
Le temps déplace mes montagnes
Ma mémoire ensoleille.