
Ballotté par les brumes, mon vague à l’âme danse ses errances.
J’attends qu’il s’échappe en fumée.
Peinture & Écriture

Ballotté par les brumes, mon vague à l’âme danse ses errances.
J’attends qu’il s’échappe en fumée.

Le soleil couchant déshabille et sacrifie ses éternités pour une splendeur, un souffle coupé. Tic-tac. Lenteur évaporée d’un rituel immuable ; je savoure sa disparition. En pâleur, en masque ou en exubérance, je sais qu’il reviendra.
D’allers en retours, le travail en « Cours, toujours ! » des exils et des ancrages. Les cieux fragiles tombent quelquefois de Charybde en Scylla. Les panoramas s’estompent, trompent les apparences, déjouent mes tours de passe-passe — mes impasses.
Précipitent mes précipices avec charme.
La syntaxe devient étrangère, le toucher anonyme.
Le temps claudique et baragouine.
Cacophonie de couleurs, crépuscule disparate… toutes mes révoltes s’inclinent !

L’oracle du printemps revenu murmure ses promesses et ses tourmentes. Je l’écoute, éternel, irréel, égrener ses visions nostalgiques et sages, brandir ses audaces, arrondir mes angles. Étrenner le mal d’un pays que je ne connais pas. J’ignore tout du passé lorsqu’il me susurre l’avenir ; ce que je dois encore lâcher, déchirer et laisser partir.
Me quitter.
L’oracle du printemps désincarne mes évasions. Il suspend mon envol à ses lèvres. Je les goûte, l’écoute encore, agrippée à ses élans, à ses lumières. Parfois je me dis qu’il ne souffle peut-être que le vent, qu’il ne souffre peut-être que l’instant. Et je me demande qui frappe à ma porte avec une telle insistance.

Le nouveau monde s’apprête en silence,
il berce la vie avec lenteur,
il bouillonne en secret.
Ses fleurs explorent,
avant d’éclore,
nos fêlures oubliées.

Évanouis, effacés
Tapis et obscurcis
Ils semblaient
Taris, oubliés
Échappés et enfouis
Ils souriaient
Surgis sans un bruit
Après le long silence
des années,
Le Palimpseste des jours heureux,
Le Parchemin des jours aimés.

Une vue étrangère,
Une ébauche
Une esquive.
Au cœur de la tempête
S’immisce et puis rouspète
La feinte du printemps.

Dans l’éboulement, une trêve :
La chute se retient.
Elle fige — tremblante et brève,
La vision hâtive d’un autre Destin.

Dénuée de rêves et de liberté chéris je ne suis plus qu’une ombre sur un sol sans soleil. Ma nuit hait mon jour. Je feuillette les horizons de l’amour. L’immortel, celui dont on ne guérit pas.
Je traverse des joies flottantes et subites dans un tunnel d’effrois orageux et miraculés. Des temps trop anciens fredonnent à ma surface. En plein chœur ! Et qu’en faire si seulement ? Un enfer si seule je mens.
Ô suaves ou abruptes vallées ! Montagnes successives d’extases et de rejets.
Tous mes artifices en feu.
La vérité nue (des limites et des regrets).
Et brusquement ces fresques immenses ………………………………………………………………………….
…………………………………………………………. La consolation.

Bientôt les hirondelles
Le soleil en paillettes
Et mes lèvres sur ta peau.

Je défriche des terrains vastes et vagues — des reflets.
La confusion m’enlace. Cajolée par l’écume, bercée par les tumultes, l’heure est à l’échappée.