
La pluie rejoint le fil de l’eau,
Le fil de l’inconnu.
Une flamme, lentement,
Sublime le feu qui couve
Nos étreintes en sommeil.
Peinture & Écriture

La pluie rejoint le fil de l’eau,
Le fil de l’inconnu.
Une flamme, lentement,
Sublime le feu qui couve
Nos étreintes en sommeil.

Et je tourne, tourne la page en rond, en césures et en étrangetés.
Les quelques gouttes de justesse agrippées à toutes les promesses des bourgeons de pommier flirtent avec ma mémoire. Le premier genêt s’est ouvert hier sans un mot. Un seul bouton-d’or se dresse sur le chemin, une grâce, sa grâce encore en exil.
Et puis éclabousse le soleil sur ma peau.
J’ai effleuré l’amour au détour d’une pensée. L’ai-je convoqué sans doute. Un simple frôlement — je croyais. Un songe — qui sait. Depuis mes peurs rougissent et se chamboulent de s’être souvenues de qui j’étais.

Mes pays,
Âgés,
Déterrent
Mes terres lointaines.

Sauvages chevauchées,
Échappées belles ;
Le chant,
Le temps des merles noirs
nous rattrapent.

Et galopent les brumes
les refuges des fuites.

Peindre et écrire comme je respire
Les beaux fixes et leurs contraires
— Nos éphémères.

J’ai la vue qui déraille et soutient quelquefois des mirages aux parfums désœuvrés ; arômes bucoliques, senteurs diluviennes, effluves de nacre et de repentirs. Les esquisses des regards assoupis par mes audaces anciennes délivrent leur message, incompréhensible — hélas ! Je secoue alors l’immobile et délicate empreinte des nouveaux mots qui se gravent en moi, poinçon fragile de maux chuchotés, ancrés, rivés et dérivés à mon âme.
J’ai la vie qui défaille et soupire ses excuses sur un air et un ton maladroits.
Un sursaut qui malmène les outrages et les têtus adages d’un Océan de faux. Être sa vérité, voyager sa nature. Transporter ses entailles, ses ramures, ses failles et ses champs de verdure, caresser les éparses réunis en un instant de chair et de mots. Irrésistible, effronté naturel ! Implorée, exaltée authenticité !

Oracles clandestins,
Prophéties de poétesses…
Le secret des déesses
Offre aux tableaux incertains
Son nouvel air
— Une ivresse ?

J’aquarelle mes songes
Je rassemble mes troupes.
Drames et comédies,
Parties éparpillées
Et délaissées
Qui papillonnent
Et qui renaissent ;
Enfin !

À reculons des regrets :
Mes avenirs.