Entre deux, Technique mixte, 50 cm x 50 cm (2024).
Toujours entre deux arbres Deux nuages ou deux rêves Les amants ancestraux Confusément embrassent Deux vies entières Entrelacés de sentiments
Toujours entre deux âges Deux impatiences ou deux planètes Leurs palpitations cheminent côte à côte Tout au long du bruissement De leurs inévitables tendresses
Toujours entre deux corps Entre deux lunes, entre deux vibrations Leurs silences s’époumonent en passions Puis en calmes dévotions — Intemporelles
Inséparables à l’existence Comme à l’après Toujours entre deux cœurs Entre deux couleurs, entre deux âmes Les vieux amants, D’un seul de leur regard échangé, Déclament que le véritable amour Ne rime qu’avec l’éternité.
Pieds à terre, Technique mixte, 50 cm x 50 cm (2024).
Il n’existe aucun monde Capable de tout contenir À part ce livre, Qui détient plus qu’un village ou une route — plus qu’un pays
Aucun instant terrestre Où être et se sentir à sa place À part ces couleurs Et certaines sérénades Qui retiennent et séduisent lentement Tes horizons éperdus et béats
Sous ces étoiles, l’immensité Tu as toujours envie de ressasser tes rêves De leur confier, leur chuchoter Tes inconnus, tes océans et tes légendes
Pelotonnés dans cet azur devenu nuit Tes chagrins délicats, contemporains et séculaires Tes peurs, tes doutes et tes colères Surprennent, dénouent et dévalisent — tranquillement Toutes les ratures de ta vie
Tu le sais bien, oui, qu’il n’existe aucun monde Capable de tout dire … Tout montrer … Tout éprouver … Tout conquérir
Alors, Tu susurres aux planètes inventées Et aux constellations imaginaires Que chez toi, c’est tout simplement le soleil.
Il ne manquait que The Lamb Lies Down on Broadway de GENESIS pour reconstituer la bande originale de la nouvelle « Autour de la table », publiée dans le recueil Les oiseaux chantent même en hiver – lors de l’exposition dédicace du 10 décembre 2024.
«Les oiseaux chantent même en hiver », de Vanessa Michel, est un recueil de 111 pages (15,2 cm x 22,9 cm), qui rassemble huit nouvelles, placées sous le signe du rêve.
Incarner joyeusement ses envies d’avenir et de création ; découvrir ses illusions et ses espoirs perdus ; cultiver la rêverie sous toutes ses formes ; s’ancrer dans un exil volontaire pour demeurer fidèle à son premier amour ; aspirer à la paix après la guerre ; être prisonnier de ses mirages ; dérouler ses imaginations et ses jeux d’enfance ; vivre de songes autour d’une histoire d’amour qu’on a sur le bord des lèvres…
Airs polaires et airs solaires, ombres et lumières, se succèdent et dévoilent, de façon tantôt tendre, poétique ou plus réaliste, des êtres dont la personnalité ou le destin peuvent résonner en chacun de nous. Tous sont à même de nous émouvoir et de nous permettre de nous demander de quelle manière nous allons personnellement choisir de rêver la vie – dans l’hier, le présent ou l’avenir.
Le recueil est disponible au prix de 12 € auprès de l’auteur, accompagné d’une plume d’oiseau (dans la limite des stocks disponibles !), n’hésitez pas me contacter: v-michel@sfr.fr Ou directement sur ce lien Amazon (12 € 66)
Le tome II, « La couleur de cette journée », de Vanessa Michel, également paru en septembre 2024, est à retrouver en cliquant ici
Le 20 décembre 1943, le SD. décide de faire fusiller des résistants au stand de tir du 92, en représailles à l’attentat F.T.P.F. contre l’Hôtel du Globe (réquisitionné par les Allemands, situé actuelle avenue de l’U.R.S.S. à Clermont-Ferrand).
Une victime restait à identifier parmi les 20 fusillés.
Georges MATHIEU évoquait en interrogatoire » Roger BONNET, de l’O.T.I.C. », entreprise sise, comme l’indique sa notice du Maitron « 5, Rue Dumaniant à Clermont-Ferrand. Elle était spécialisée dans l’ approvisionnement des usines en appareils de précision. Il semblerait que d’autres personnes employées dans cette entreprise aient été arrêtées. »
Dans » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo » (page 68), je me suis trompée de prénom : il s’agit de Raymond BONET (et non de Maurice), dont Éric PANTHOU a obtenu confirmation de l’identité. Il précise que Raymond, Félix, Clément BONET, est né le 12 juillet 1906 à Aix-en-Provence. Il est le fils d’Andrius, Marius, Félicien BONET, mécanicien (âgé de 24 ans), et de Louise, Marie, DÉCANIS, son épouse (27 ans), qui habitent place de la Rotonde, à Clermont-Ferrand.
Raymond BONET épouse Antonine Cécile GARRET-FLAUDY (née le 21 décembre 1908 à Augerolles, Puy-de-Dôme), le 28 novembre 1929, à Augerolles, où la jeune femme réside, chez ses parents – cultivateurs. Raymond BONET est alors domicilié à Jouques (Bouches-du-Rhône), mais il vit à Clermont-Ferrand, où il exerce la profession de mécanicien.
Raymond BONET est appréhendé par ROTH et KALTSEISS le 10 novembre 1943 à son bureau de la société O.T.I.C. Son épouse indique qu’il était affilié à un mouvement de Résistance depuis août 1942. Il semble vraisemblablement avoir été agent pour le réseau de renseignements Mithridate (auquel MATHIEU appartenait avant de collaborer).
Raymond BONET (D.C.A.J.M.)
Quelques jours après son interpellation, BONET est aperçu grièvement meurtri suite à des tortures. Il est admis « à l’Infirmerie de la prison [militaire] où six semaines après il commençait à marcher cassé en deux en traînant les pieds. » (Témoignage de Mme Germaine VANNIER).
La date de décès portée sur l’acte de naissance de Raymond BONET est le 5 août 1944. Toutefois, en 1950, plusieurs hypothèses persistent sur la disparition du résistant et s’ajoutent au récit de MATHIEU : un collaborateur raconte qu’il était encore tenu au secret à la prison militaire en juin 1944, un déporté pense l’avoir vu à Compiègne vers le 21 juillet de la même année… Or, Raymond BONET semble totalement absent des Archives Arolsen ou du Livre-Mémorial de la F.M.D., rendant l’hypothèse de sa déportation peu crédible.
La similitude entre son nom BONET (et BONNET indiqué par MATHIEU), ainsi que le fait qu’Antonine BONET soit sans nouvelle de son mari depuis le 23 décembre 1943 (date à laquelle elle vient déposer un colis au 92, mais on lui répond qu’il est « parti ») paraît renforcer la version de MATHIEU quant à l’exécution du résistant avec d’autres patriotes.
Raymond BONET, fusillé au stand de tir du 92 dans la nuit du 20 décembre 1943, décède à l’âge de 37 ans ; Mort pour la France, Homologué F.F.I. et D.I.R., Médaille de la Résistance (décret du 5 janvier 1956).
Sources : » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , Vanessa MICHEL ; courriels d’Éric PANTHOU des 24 et 25 septembre 2024 ; État civil ; Interrogatoire de Georges MATHIEU, Archives nationales 72 A.J./522 et lettre d’Antonine BONET à M. le président du T.M. de Lyon, le 12 janvier 1950, D.C.A.J.M.
« La matinée humide et grise de ce jour de printemps où l’aurore s’est levée sur une brume opaque, m’a tendu la main d’une manière étrange. J’étais invitée à venir profiter de ton jardin et j’ignore par quelle secrète magie j’étais déjà au courant que cette journée n’était pas ordinaire ; elle possédait comme une lumière et une angoisse au cœur de ses promesses…»
J’édite cet article consacré à la série « La couleur de cette journée », puisque toutes sont vendues. Je laisse toutefois quelques images-souvenirs.
« Le ciel cachait son infini. Particulièrement bas, il rendait l’herbe émeraude et pesante. Nous n’étions pas cernés de silence : la cendre évanescente de la voûte révoltée et boudeuse faisait mine de propager un souffle, un sifflet continue bien qu’atténué, assourdi. Tout au long de ce court trajet en voiture, moucheté de vaches et de quelques moutons tout récemment tondus, je t’observais à la dérobée…»
« J’avais à peine déposé mes lèvres en bord de tasse – c’était encore trop bouillant pour aller plus loin – lorsqu’un trèfle à 4 feuilles me sauta aux yeux. Né au beau milieu de gravillons inégaux de tailles comme de couleurs (du blanc au noir en passant par tous les camaïeux de gris colorés), il trônait à côté de quelques frères et sœurs et exposait ses pétales moyens et assez parfaits : peu de microscopiques bestioles l’avaient grignoté en effet. Un vent presque frais ramenait une bruine si fine qu’elle ne se voyait pas. Elle se ressentait. Le trèfle vert pâle possédait un faible liseré blanc qui le rendait pensif et presque nostalgique…»
Technique mixte sur papier, boutons-d’or et trèfles à quatre feuilles ; cadres de différents formats (2024).
J’ai recherché la lumière dans le noir, À cheval sur l’aurore, À genoux sur mes crépuscules, Mais la poésie et la beauté de l’exode Ne sont plus les mêmes qu’autrefois
Il m’a fallu dévisager la clarté Coincée au cœur D’une éternelle tristesse Pour récupérer (Et ranimer) Chacun de mes baisers volés.