Peinture·Poésie·Polaroids d'une nuit d'été

Entre-deux

Toujours entre deux arbres
Deux nuages ou deux rêves
Les amants ancestraux
Confusément embrassent
Deux vies entières
Entrelacés de sentiments

Toujours entre deux âges
Deux impatiences ou deux planètes
Leurs palpitations cheminent côte à côte
Tout au long du bruissement
De leurs inévitables tendresses

Toujours entre deux corps
Entre deux lunes, entre deux vibrations
Leurs silences s’époumonent en passions
Puis en calmes dévotions
— Intemporelles

Inséparables à l’existence
Comme à l’après
Toujours entre deux cœurs
Entre deux couleurs, entre deux âmes
Les vieux amants,
D’un seul de leur regard échangé,
Déclament que le véritable amour
Ne rime qu’avec l’éternité.

Peinture·Poésie·Polaroids d'une nuit d'été

Pieds à terre

Il n’existe aucun monde
Capable de tout contenir
À part ce livre,
Qui détient plus qu’un village
ou une route
— plus qu’un pays

Aucun instant terrestre
Où être et se sentir à sa place
À part ces couleurs
Et certaines sérénades
Qui retiennent et séduisent lentement
Tes horizons éperdus et béats

Sous ces étoiles, l’immensité
Tu as toujours envie de ressasser tes rêves
De leur confier, leur chuchoter
Tes inconnus, tes océans et tes légendes

Pelotonnés dans cet azur devenu nuit
Tes chagrins délicats, contemporains et séculaires
Tes peurs, tes doutes et tes colères
Surprennent, dénouent et dévalisent
— tranquillement
Toutes les ratures de ta vie

Tu le sais bien, oui, qu’il n’existe aucun monde
Capable de tout dire
… Tout montrer
… Tout éprouver
… Tout conquérir

Alors,
Tu susurres aux planètes inventées
Et aux constellations imaginaires
Que chez toi, c’est tout simplement le soleil.

Peinture·Poésie·Polaroids d'une nuit d'été

Double Je

Je d’enfant et vieux Je
Unis dans un parfum d’été
Avancent silencieux
Au firmament des songes

Je d’hier, Je demain
Fusionnent parfois à en pleurer
Croisent et infusent leurs destins
D’extases en chœurs inachevés

Je interdit, Je d’échecs
Soulèvent et délivrent les cachettes
Des sentiments fragmentés
– évanouis sur la grève
Des départs et des regrets

Grand Je et beau Je se découvrent
Sous un juvénile lever de soleil
Ils contemplent le temple des merveilles
D’une existence : la sienne

J’ai espoirs
J’ai souffrances
Mais
J’ai vies
Mais
J’ai rêves.

Écriture·Les oiseaux chantent même en hiver·Publications

Les oiseaux chantent même en hiver

Georges MATHIEU·Publications

Raymond BONET, agent du réseau Mithridate

Le 20 décembre 1943, le SD. décide de faire fusiller des résistants au stand de tir du 92, en représailles à l’attentat F.T.P.F. contre l’Hôtel du Globe (réquisitionné par les Allemands, situé actuelle avenue de l’U.R.S.S. à Clermont-Ferrand).

Une victime restait à identifier parmi les 20 fusillés.

Georges MATHIEU évoquait en interrogatoire  » Roger BONNET, de l’O.T.I.C. », entreprise sise, comme l’indique sa notice du Maitron « 5, Rue Dumaniant à Clermont-Ferrand. Elle était spécialisée dans l’ approvisionnement des usines en appareils de précision. Il semblerait que d’autres personnes employées dans cette entreprise aient été arrêtées. »

Dans  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo  » (page 68), je me suis trompée de prénom : il s’agit de Raymond BONET (et non de Maurice), dont Éric PANTHOU a obtenu confirmation de l’identité. Il précise que Raymond, Félix, Clément BONET, est né le 12 juillet 1906 à Aix-en-Provence. Il est le fils d’Andrius, Marius, Félicien BONET, mécanicien (âgé de 24 ans), et de Louise, Marie, DÉCANIS, son épouse (27 ans), qui habitent place de la Rotonde, à Clermont-Ferrand.

Raymond BONET épouse Antonine Cécile GARRET-FLAUDY (née le 21 décembre 1908 à Augerolles, Puy-de-Dôme), le 28 novembre 1929, à Augerolles, où la jeune femme réside, chez ses parents – cultivateurs. Raymond BONET est alors domicilié à Jouques (Bouches-du-Rhône), mais il vit à Clermont-Ferrand, où il exerce la profession de mécanicien.

Raymond BONET est appréhendé par ROTH et KALTSEISS le 10 novembre 1943 à son bureau de la société O.T.I.C. Son épouse indique qu’il était affilié à un mouvement de Résistance depuis août 1942. Il semble vraisemblablement avoir été agent pour le réseau de renseignements Mithridate (auquel MATHIEU appartenait avant de collaborer).

Raymond BONET (D.C.A.J.M.)

Quelques jours après son interpellation, BONET est aperçu grièvement meurtri suite à des tortures. Il est admis « à l’Infirmerie de la prison [militaire] où six semaines après il commençait à marcher cassé en deux en traînant les pieds. » (Témoignage de Mme Germaine VANNIER).

La date de décès portée sur l’acte de naissance de Raymond BONET est le 5 août 1944. Toutefois, en 1950, plusieurs hypothèses persistent sur la disparition du résistant et s’ajoutent au récit de MATHIEU : un collaborateur raconte qu’il était encore tenu au secret à la prison militaire en juin 1944, un déporté pense l’avoir vu à Compiègne vers le 21 juillet de la même année… Or, Raymond BONET semble totalement absent des Archives Arolsen ou du Livre-Mémorial de la F.M.D., rendant l’hypothèse de sa déportation peu crédible.

La similitude entre son nom BONET (et BONNET indiqué par MATHIEU), ainsi que le fait qu’Antonine BONET soit sans nouvelle de son mari depuis le 23 décembre 1943 (date à laquelle elle vient déposer un colis au 92, mais on lui répond qu’il est « parti ») paraît renforcer la version de MATHIEU quant à l’exécution du résistant avec d’autres patriotes.

Raymond BONET, fusillé au stand de tir du 92 dans la nuit du 20 décembre 1943, décède à l’âge de 37 ans ; Mort pour la France, Homologué F.F.I. et D.I.R., Médaille de la Résistance (décret du 5 janvier 1956).

Sources :  » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , Vanessa MICHEL ; courriels d’Éric PANTHOU des 24 et 25 septembre 2024 ; État civil ; Interrogatoire de Georges MATHIEU, Archives nationales 72 A.J./522 et lettre d’Antonine BONET à M. le président du T.M. de Lyon, le 12 janvier 1950, D.C.A.J.M.

Écriture·La couleur de cette journée·Peinture

La couleur de cette journée

J’édite cet article consacré à la série « La couleur de cette journée », puisque toutes sont vendues. Je laisse toutefois quelques images-souvenirs.

Technique mixte sur papier, boutons-d’or et trèfles à quatre feuilles ; cadres de différents formats (2024).