Les roses du bourg, Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).
De bouture en bouture des Anciens, il ne subsiste ici qu’une seule sorte de rose.
De belles roses roses dont la plupart poussent maintenant de manière désordonnée et sauvage. Une pâleur et l’habitude les effacent ? Comme une revanche, leurs formes alambiquées en appellent à nos tendresses et à nos failles.
J’aime leurs discrétions et leurs extraversions, leur humilité et leurs fantaisies. J’aime la candeur de leur profondeur, leurs airs fantomatiques, éthérés, mais graves.
Elles possèdent une coquetterie au cœur d’une caressante anarchie : rien ! elles ne sentent rien. À part lorsqu’elles commencent à mourir… Un caprice ?
Quelquefois, j’embrasse l’une d’entre elles. Je capture et j’emporte alors sur mes lèvres un peu de sa délicatesse, un pan de ses secrets.
Rêverie, Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).
Dans mon jardin imaginaire, une odeur de café ; une table en fer forgé ; des chants d’oiseaux et cet air de guitare qui paresse. Les pétales éparpillés en pochades explosent de rire, le soleil danse, étreint les branches, la brise caresse dans un soupir.
Est-ce que je suis en train de lire ?
Il voyage, entre l’âme et le cœur, son tic-tac à rebours éternel et sans âge. Il voyage, de corps en corps, de fleur en fleur, tantôt fidèle tantôt volage.
Dans mon jardin imaginaire, l’ancrage fredonne, il apprend à voler. Libéré des naguères, le ciel frissonne, atterrit à nos pieds.
Les offrandes (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).
Porté par la douceur et l’eau des ciels, le printemps revient au village. Les oiseaux babillent le mois de mars, les fleurs sauvages renaissent.
En ces jours de septembre, pourtant, l’automne vient cogner à la porte des beaux jours. Il essaye coûte que coûte — vaille que vaille — de les repousser dans le passé.
À quelques pas des compagnons rouges et des mauves musquées surgissent les premiers témoins de son arrivée fracassante.
Fracassante et organisée !
Je m’émerveille de naviguer entre fleurs, pluies, promesses de châtaignes et soleil. Je m’émerveille, avant de le quitter, des dernières offrandes de l’été.
L’entrée du bourg (1 & 2), Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).
Je contemple les vaches au loin, de l’entrée du bourg. Certains veaux se courent après devant quelques buissons, des chênes, des châtaigniers. Face à moi : l’étang et son défilé des saisons, l’eau qui va déborder avant de geler en hiver ; l’eau qui stagne en été, source d’hirondelles joueuses et de libellules pressées.
Je savoure ce panorama resserré, suranné. Un tableau d’impressionniste. Je savoure et je me rends compte qu’il y a cinquante ans, cent ans, ou plus, le paysage était (selon toute vraisemblance) identique. D’autres personnes ont regardé ce que j’observe à la virgule près. D’autres personnes, d’autres arbres, d’autres vaches… et toute cette existence forgée sur des décennies qui n’a fait que vivre, vivre, vivre a comme un goût de musée.
Réminiscence, Aquarelle et technique mixte, cadre noir ou blanc et sous-verre, 21 x 29,7 cm (2026).
Fragile souvenir, volatil.
J’imaginais ton nom à ton image tendre et joueuse ; suave, volubile. Lettrage acidulé, sonorités portées vers le fleur bleu, les regrets. Du romantisme plein les clichés.
Je songeais à tes tourbillons et à tes cascades-syllabes en sursis, aux couleurs qui dévalent tes rires-ravalent tes larmes ; je songeais à tout cela et à ce qui remonte dans l’éther, au creux de chacun de mes pas.
Tous, nous t’attendions.
Nous t’attendions comme nous espérions le coup de foudre. Depuis des jours, depuis la nuit des temps.
L’herbe est si calme, tarie, recroquevillée sous les trèfles des prés qui suffoquent.
À un moment, la pluie, la mémoire poursuivie par un parfum enchanté au prénom caverneux, bourru —étranger.