
Les monologues extérieurs à peine frôlés s’évanouissent, repartent illico en fumée.
Feus artifices ! Je les suis du regard dans leur délicate attention, leur délicate ascension vers plus jamais.
Peinture & Écriture

Les monologues extérieurs à peine frôlés s’évanouissent, repartent illico en fumée.
Feus artifices ! Je les suis du regard dans leur délicate attention, leur délicate ascension vers plus jamais.

Fragile souvenir, volatil.
J’imaginais ton nom à ton image tendre et joueuse ; suave, volubile. Lettrage acidulé, sonorités portées vers le fleur bleu, les regrets. Du romantisme plein les clichés.
Je songeais à tes tourbillons et à tes cascades-syllabes en sursis, aux couleurs qui dévalent tes rires-ravalent tes larmes ; je songeais à tout cela et à ce qui remonte dans l’éther, au creux de chacun de mes pas.
Tous, nous t’attendions.
Nous t’attendions comme nous espérions le coup de foudre. Depuis des jours, depuis la nuit des temps.
L’herbe est si calme, tarie, recroquevillée sous les trèfles des prés qui suffoquent.
À un moment, la pluie, la mémoire poursuivie par un parfum enchanté au prénom caverneux, bourru —étranger.
Pétrichor, as-tu seulement existé ?

Heureuse, le ciel me mange le cœur.
La joie du printemps contagieuse.
Les vides ravivés hélas s’en vont, s’en reviennent en surface
— des profondeurs.
Mes nouveaux ailleurs jettent un œil en arrière.
Plus rien ne m’y retient. Et pourtant !
La plénitude s’étire, puis se rétracte en chemin.
Le bonheur sursaute, saisi, transi par des sentiments contraires.
Le bonheur grelotte, se maintient, se réchauffe à demain.
Funambule sur corde fébrile, sur corde raide.
Au hasard des linéaments de mes iris oubliés.
Ceux du fond du jardin.
Une enfance.
Libérée, les oiseaux me font du gringue.
Le détachement porte ses deuils.
(Une empreinte).

Bientôt, le réveil des grillons. Le village dort encore.
Vacarme des oiseaux et chant des fleurs.
Mes pieds battent tambour,
le vent court, affole les blés verts.
Du soleil plein le cœur.
Je sculpte le chemin, les jambes enlacées par la rosée et les pois de senteur, mes hanches frôlées, caressées par les fougères, par toute une végétation déraisonnable et insensée.
Engloutie dans ce couloir de fougue, l’horizon s’est perdu, mais moi, je suis bien là.
Au loin, fragiles beautés ballottées par le temps. Coquelicots poésie légèreté, comme deux bijoux abandonnés.

Premier croissant de lune, pudique, mais triomphant, tu te dévoiles, éblouissant le soleil. Ta présence, une prophétie, émerveille en silence, dénude les profondeurs, sculpte les poésies. J’adore… tes reflets qui frissonnent sur les terres et les mers de toutes mes fantaisies. J’adore ! tes cache-cache qui bouillonnent, illusionnent et rayonnent leurs sentiments transis.

Nuit sans sommeil, ardent éveil.
Bye-bye lune de miel !
Aveux cruels flamboient en mon for intérieur ;
ma forteresse intime livrant enfin son cœur.
Saccade des jours sans soleil :
Tunnel de pluie, lucide réveil.
Les illusions s’enflamment
sans attendre
ni entendre
leur faim.
Dansent denses souterrains !
Par-delà le brasier où plonge le passé,
mes incandescences programmées.
Tout se consume dans la sincérité.
Un jour (pourtant)
Les genêts et leurs ors
(me) redeviendront
Les beautés qu’ils furent,
Des fulgurances à aimer.

Dernier quartier de lune,
Tu t’effaces en journée.
Je te regarde,
Des étoiles plein l’Imaginaire
Pendant que je promène ma liberté.

J’écoute battre les couleurs de mes sentiments les yeux fermés. Un voyage immobile, un détour intime à la recherche d’une autre voie, d’une autre vie.
La grâce surgit par surprise dans le noyau d’une tristesse quelquefois, ou dans ces étoiles retenues au cœur des fleurs d’hiver.
Les morceaux de ciel qui s’éparpillent à mes pieds sont des trésors fragiles, ils me supplient d’ouvrir bien grand les yeux et les oreilles.
D’éphémère en éphémère alors, les cailloux du Petit Poucet ravivent, reconstruisent. Il existe tant de rimes, tant de raisons à l’émerveillement.

Mélancoliques et légères, mes pensées musardent, s’attardent au bord du chemin.
Quelques ombres semblent m’attendre patiemment — patiemment, mais en vain.
Bucolique, étrangère, mon humeur papillonne, va et vient.
Rien ne retient le courant qui s’élève.
Une gaieté d’enfant souffle avec le vent dans les hautes herbes ; elles scintillent et voltigent parmi les touches de couleurs désordonnées et vives des corolles insoumises.
La renaissance plein les valises !

Chaud et froid se consolent
Dans le magma du ciel ;
Odyssée sans paroles
Autres que leurs sentiments.