L’opération allemande à l’encontre du Service des Transmissions et de la Signalisation (S.T.S.) intervient dans le cadre de l’affaire dite « Pyramide » – du nom du pseudonyme d’Alexandre de COURSON de la VILLENEUVE.
Elle est très étonnamment assez peu transmise, et largement absente de la plupart des récits.
Le Service des Transmissions et de la Signalisation (S.T.S.) est créé le 27 janvier 1941, pour les besoins de l’aéronautique civile et pour ceux de l’armée de l’Air. Replié à Clermont-Ferrand, il siège au 25 boulevard Gergovia.
De nombreux employés du S.T.S. de la ville (et des antennes de Lempdes, d’Aulnat et de Chamalières) se mettent au service de la Résistance, principalement des opérateurs radio, en commençant de manière autonome.
Début 1942, des groupes « épars fusionnent, dans une direction » dissidente » du S.T.S. comprenant la Division Exploitation et les Divisions Installations, matériel et signaux. »
Après l’invasion de la zone Sud, le S.T.S. crée des liens avec le Service des Transmissions Nationales (S.T.N.). Le S.T.N., fondé « lors de la fusion des deux zones au point de vue militaire », regroupe alors : P.T.T., Radiodiffusion nationale, Radio militaire et Radio marine.
Les employés du S.T.S. résistants assurent la radio clandestine, les transmissions des ordres et des informations et contribuent également à du sabotage de matériel allemand.
Comme de nombreuses opérations allemandes, c’est d’interrogatoires violents en interrogatoires violents que le SD. obtient de plus en plus de noms et appréhende de plus en plus de personnes.
Ainsi, MATHIEU, ROTH, SAUTAREL et KALTSEISS se rendent à un rendez-vous à la place d’un détenu et capturent André BUET Lautier, organisateur des réseaux radios depuis février 1943 ; son agent de liaison Roger FRAISSE ; ainsi que Jean Le DEUNFF Lomic, opérateur radio et employé du S.T.S.
Ce dernier, qui est « chargé du recrutement d’opérateurs radio clandestins et du financement, par Londres, de certains éléments de la Résistance » est adjoint du chef national de la Résistance S.T.S. lors de son arrestation.
Jean Le DEUNFF est interrogé KALTSEISS et ECKHARDT. Il est tellement roué de coups qu’il décède, à l’âge de 38 ans, dans le bureau des Allemands, officiellement le 30 juin 1944.
Le 3 ou le 4 juillet 1944 (selon les sources), le SD., assisté de soldats de la Luftwaffe (et en présence du major BAMBAC, d’après VERNIÈRE), appréhende :
– Le responsable national de la Résistance du S.T.S. et chef de la circonscription radio : Achille DUBOIS ;
– Roger GAUTIER Bruno, ingénieur division Installation, matériel et signaux (membre des Ardents entré en Résistance dès 1942, chargé entre autres du camouflage du matériel parachuté).
Une action est montée contre l’ensemble des succursales du S.T.S.
L’immeuble du 25 boulevard Gergovia à Clermont-Ferrand est cerné par la Feldgendarmerie, qui fait irruption dans les bureaux, « mitraillette au poing », le 4 juillet, à 11 heures 40.
Une liste exhaustive des résistants du service est découverte. ECKHARDT fait interpeller les personnes citées au cours des interrogatoires des derniers jours ainsi que certains radios inscrits sur le carnet récupéré.
D’après MATHIEU et VERNIÈRE, environ 50 agents du S.T.S. sont appréhendés ce jour-là.
D’autres employés sont capturés à la station d’émission d’Aulnat ; à Chamalières (magasin S.T.S.) ; à leur domicile ; ou encore à la station d’émission de Lempdes.
Certains, sont interpellés le lendemain.
Si quelques détenus semblent libérés du 92, la plupart apparaissent déportés. Sur les trente-six personnes identifiées , vingt et une meurent en déportation (les âges de décès sont inscrits entre parenthèses) : Joseph AUTRET (42 ans) ; André BUET Lautier ; Jean CHADESSE (29 ans) ; Robert CHOCAT (27 ans) ; Paul CHONIER (46 ans) ; Achilles DUBOIS (48 ans) ; Louis DURIF (33 ans) ; Jean FOURSAC ; Roger FRAISSE ; Louis GABOREL Louis (33 ans) ; Pierre GAUTIER ; Roger GAUTIER Bruno (35 ans) ; Jacques GIRODROUX (40 ans) ; Marcel GOUPIL ; Daniel GUICHARD ; Bernard HEBERT ; Raymond JONCOURT (35 ans) ; Joseph LACHAUD ; Félix LYON ; Pierre LALOY (43 ans) ; Auguste LEFEUVRE ; Louis Le ROUX (46 ans) ; Jacques LEVAILLANT (évadé lors du transport) ; Bernard MONTARNAL (27 ans) ; Raymond PAUL (30 ans) ; Roger PÉRONEILLE ; Luc PETETIN (50 ans) ; Georges PINAUD ; Ambroise PONCET (36 ans) ; Basile ROUSSON (40 ans) ; Jean-Marie SALÄUN (48 ans) ; Gaston SOMMESOUS ; Henri TANNIÈRE (47 ans) ; Henri VIGNEAU (35 ans) ; Georges VILLERMET et Georges VINCENT (43 ans).
MATHIEU précise que suite à cette action contre le S.T.S., des télégrammes sont envoyés dans toute la zone Sud pour déclencher un peu partout de nouvelles opérations, lesquelles permettent, selon lui, « un grand nombre d’arrestations. »
Félix LYON sera par exemple arrêté à Vichy le 8 juillet et aussitôt transféré au 92 à Clermont-Ferrand.
> Le chapitre » La Grande rafle d’employés et résistants du Service des Transmissions et de la Signalisation (S.T.S.). « , est à retrouver dans l’ouvrage » Georges MATHIEU de Saint-Cyr à la Gestapo « , pp. 283 à 295.*
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Bonjour
je suis un petit-fils d’un des employés du S.T.S. raflé et déporté en Allemagne et décédé juste avant la libération. Je découvre aujourd’hui votre travail et vos publications. C’est passionnant, merci beaucoup! Comment puis je vous contacter pour commander votre ouvrage sur Georges Matthieu ?
Amitiés
Thomas
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Bonjour,
Si vous souhaitez le commander auprès de moi et avoir une dédicace, merci de m’envoyer un mail à v-michel@sfr.fr (le paiement de 32€ sera par chèque). Si vous souhaitez « juste » l’ouvrage, il est disponible sur Amazon.
Je suis toujours émue d’être en contact avec des descendants, d’autant plus que cette rafle, importante, me semble avoir été moins transmise que d’autres événements de la région…
Bien cordialement
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Bonjour je suis l’oncle de Thomas et le fils de Louis Durif qui a été arrêté le 4 juillet 44. Sans nous être concertés, je découvre à l’instant votre article sur cette rafle vraiment peu documentée et je vous en remercie.. Je verrai avec Thomas pour retrouver le livre que vous avez écrit. Merci beaucoup.
Jacquesdurif@orange.fr
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Bonjour,
J’ai pu être en contact avec Thomas par mail… Toujours émue et enchantée de pouvoir mettre en avant des résistants – d’autant plus sur les évènements moins transmis. Je pense à leurs descendants et à ce que nous leur devons tous… Bien cordialement
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