
Peindre et écrire comme je respire
Les beaux fixes et leurs contraires
— Nos éphémères.
Peinture & Écriture

Peindre et écrire comme je respire
Les beaux fixes et leurs contraires
— Nos éphémères.

J’ai la vue qui déraille et soutient quelquefois des mirages aux parfums désœuvrés ; arômes bucoliques, senteurs diluviennes, effluves de nacre et de repentirs. Les esquisses des regards assoupis par mes audaces anciennes délivrent leur message, incompréhensible — hélas ! Je secoue alors l’immobile et délicate empreinte des nouveaux mots qui se gravent en moi, poinçon fragile de maux chuchotés, ancrés, rivés et dérivés à mon âme.
J’ai la vie qui défaille et soupire ses excuses sur un air et un ton maladroits.
Un sursaut qui malmène les outrages et les têtus adages d’un Océan de faux. Être sa vérité, voyager sa nature. Transporter ses entailles, ses ramures, ses failles et ses champs de verdure, caresser les éparses réunis en un instant de chair et de mots. Irrésistible, effronté naturel ! Implorée, exaltée authenticité !

Du désordre de mes pensées naît le chaos bienveillant de mes songes. Enflammées des tic-tac accumulés, enflammées des tic-tac qui se dérobent, mes imaginations courent et volent après mes horizons. Je rêve je rêve et après. Après je vis, seulement je vis après.
Étreindre ma liberté et aimer encore et en corps. Je rêve, oui, des déserts d’où je quête une réalité, de ce silence acquis des sacrifices. Les échos de mes abîmes se cognent à un mur à présent, à présent que le bout du tunnel démontre le bout de son nez.
Je ricoche sur un baiser, je ricoche à un rire.
L’impression de flotter, de flouter, de filouter, même ! alors que tout est ici, dans mes bras. La fin d’un monde, la fin d’un cycle. Une mort qui — aussitôt — d’une incontrôlable manière, ressuscite.

Oracles clandestins,
Prophéties de poétesses…
Le secret des déesses
Offre aux tableaux incertains
Son nouvel air
— Une ivresse ?

J’aquarelle mes songes
Je rassemble mes troupes.
Drames et comédies,
Parties éparpillées
Et délaissées
Qui papillonnent
Et qui renaissent ;
Enfin !

À reculons des regrets :
Mes avenirs.

Brandillant parmi les abysses, Technique mixte, 80 x 80 cm (2025)
Les ombres se prélassent
Sous le pont miraculeux,
Ramures comme étranglées
Par les eaux qui s’assoupissent,
Branches hésitantes et lasses
Brandillant parmi les abysses
Dans cet écho parfait,
Tout peut se caresser,
S’embrassent les mémoires
De ce lointain été
Où le saule qui pleurait
S’est remis à sourire.
Toile sur ArtMajeur : ici

Depuis les mondes de demain, Technique mixte, 60 x 60 cm (2025).
Mes exils s’évadent
Depuis les mondes
De demain.
Ils éclosent
En un bruissement
— singulier —
Qui dissémine
Des envies,
Que le vent emporte au loin.
Toile sur ArtMajeur : ici

J’ai envie de garder les mots bleus,
Les moments, les monuments des extases,
Les sentiments amoureux
De la liberté et des cieux.
J’ai envie de garder, de regarder,
Les mots et les monts merveilleux.

Les arômes de mes temps suspendus déshabillent les silences de mes fruits défendus.