
Je rêve du tableau qui révélerait le voyage éclairant les vérités intérieures. Une tendre vague qui rayonne, enveloppe et disperse. Balaye et embrase ses incertitudes au vent.
Un miroir qui transforme.
Je rêve de ce roman qui redouble l’existence, papillote jusqu’à la nudité des émotions, jusqu’à cette limite suspendue à un fil du souffle et de l’Esprit.
Un écho aux battements de l’Univers.
Je rêve d’un dimanche bleu.
Une plongée dans le noir. Un envol.
Cet inconnu.
Je suis en chemin, il me reste à éclore.
Je raconterai alors l’histoire d’un ciel après le déluge, l’histoire d’un autre continent. Les aurores enlacées m’auraient quittée depuis longtemps déjà.
Je raconterai l’histoire d’une lueur tendre, d’une certaine idée de l’éclat. La formation d’un atoll et de son lagon après une éruption volcanique. L’enfantement de toutes mes montagnes à gravir.
Je suis en chemin. Entre ciel et mer, sur un radeau au bord de mélancolies et d’inattendus. Au beau milieu de la nébuleuse d’Orion et du Diamant-Terre.
À quelques pas fragiles et légers de l’extase.
Les reflets de l’absence m’aveuglent quelquefois. J’en ai des larmes au bleu, ce bleu pourpre et insolent.
Pendant ce temps, le crépuscule boréal m’appelle et m’attend.
Cet inconnu ?
Les nuances inédites des féminins me frôlent, s’agitent et s’imposent. J’ignore ce qui au juste frémit en moi. Peut-être la cartographie d’un nouvel amour, ou peut-être un autre jardin. La création n’est jamais aussi vraie et accessible que lorsqu’elle couve. Une graine en train de germer, cachée dans le noir. Elle cherche son soleil, une respiration, sans interférence, souterraine.
Elle pousse dans sa solitude et grandit dans la mienne.
Est-elle joyeuse ou triste ?
Je n’ose qu’entrouvrir le bel écrin des distances. Ce qui apparaît me fixe. Une certaine idée de l’éclatement, des polarités, des rages et des tempêtes. Ce qui demeure ne regarde que moi. Et pourtant !
Et je ne saurais dire…
Un sourire dans l’éther ; une pureté.
Un air d’été et de fugues ; une échappée.
De si lentes métamorphoses.
Se réunir ; ressusciter chaque beau matin en cessant de séparer l’Art, le corps, l’existence.
La sensibilité embrasse tous les territoires, apprivoise mes paysages à venir, à conquérir.
L’imagination précède et compose mes évolutions.
Je rêve de couleurs et de mots qui s’épousent, s’épuisent et s’époumonent. Je rêve d’un dimanche bleu et de sa musique qui n’existe pas encore, d’une œuvre qui dépose ses cryptes et ses sommets loin de moi.
La vie que j’imite, sublime, exaspère, espère verser ses larmes et ses allégresses auprès d’un Autre. Elle espère une rencontre, des retrouvailles.
Un rendez-vous anonyme ; une osmose fugitive où les mots se taisent et où les couleurs s’effacent.
Une ouverture.
Toutes les pensées disparaissent — ne surtout pas leur courir après.
Je vagabonde, mais je m’accroche, en peinture comme en écriture, entre convictions et incertitudes. Je poursuis les moments de grâce, sans savoir qui ils sont et à quoi ils me feront, de temps en temps, l’honneur de ressembler.
Créer, c’est un peu retrouver mes mondes d’hier et de demain qui chahutent avant de fusionner.
Les retenir, les contempler, avant qu’ils ne s’évaporent.
Les retenir — les contempler — les suggérer — les offrir, en bouteilles à la mer, en ballons dans les airs.
Une certaine idée de l’amour, une certaine idée de la beauté.
Toile sur ArtMajeur : ici
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Cette composition clôt « Dimanche bleu », texte où j’interroge, pose et repose mes pratiques de la peinture et de l’écriture. Des extraits accompagnent la série Interlude :
Interlude I
Interlude II
Interlude III
Interlude IV
Interlude V
Interlude VI
Tous mes REMERCIEMENTS à : Bernard ; Bruno ; Thierry ; Philippe ; Alain ; Michel ; Floriana ; Anne ; Daniel ; Catarina ; Lionel ; Fanny ; Antar ; Ange-François ; Antoine ; D-G-M R. ; émotions – poésie… pour leurs idées de titres, faisant suite à mon appel de novembre 2025.
Leurs inspirations apparaissent ici en bleu.








