
« Au début était l’Ange… », technique mixte, 80 x 80 cm (2025).
D’habitude je peins, puis j’écris le texte qui donne son nom au tableau. Petite révolution pour ma dernière toile : j’ai demandé à des artistes (écrivains, musiciens…) quel titre cette peinture leur évoquait (Archive). J’ai finalement choisi d’intégrer toutes leurs propositions dans le poème – ce qui explique sa longueur inhabituelle.
Au début était l’Ange
Dans le jardin d’Éden
Où mon latin se perd
Jardin d’enfants
Sucres d’orge et pouponnière
Soleil frôlant Soleil levant
Au début était l’Ange,
L’éclosion euphorique
(Une frénésie de Vie),
L’Amour en perspective
(Les frontières en sursis).
Un éveil, dans la brume des choses
Au début était l’Ange,
L’enchantement et l’union
Et puis le diable crut faire son Tout,
Crut faire son tour de mon poème,
Tisser son voile de noirceur et de haine
Reproduire son enfer — angélique
Et puis… Valse ! Tempête ! Piétine !
Défoule et crache, abîme et foule
Le sentimental et l’intime !
Or la Beauté, naturellement
Résiste
Au début était l’Ange,
Des lenteurs et des fleurs
De mon matin intérieur
Cultivant avec bonheur
Ma (petite) dernière lubie,
De Marienbad à Gibraltar,
De l’année rose à l’année givre,
Du soi-même à l’Autrui :
Redevenir lumière
Au début était l’Ange
D’avant même le début
Une sédimentation (vitale)
Une Création chorale
– Où même l’âne rose a sa place
Et le rythme et le sens
Des visions singulières
Lèvent à présent leurs têtes,
Leurs espoirs et leurs rêves
Vers Gabriel
Surgi du corps silencieux d’un nuage,
Il déclame et annonce
Que l’Amour toujours triomphe,
Il fredonne et récite
Merci.
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