
« La toile reste avant tout un grand silence.
Lorsqu’elle nous saisit, dépouillée et dénuée de directives, nous étreignons en réalité nos propres amours, manques, absences et désirs. Elle effleure puis bouleverse nos fragments les plus intimes, les plus indicibles, ceux que personne n’atteint jamais ni ne connaît — parfois pas même soi.
Mes tableaux se construisent par ajouts progressifs, des vibrations qui comptent triple. Ces frémissements, indécelables, existent aussi dans mes écrits, au cœur des retraits successifs. Ce qui infuse dans mes peintures musarde sur la toile et la colonise, camouflé ; ce qui a infusé en écriture subsiste en moi, dissimulé au cœur du texte.
Les strates de pigments se superposent, les couches de phrases se retirent. »
Extrait de ma nouvelle « Dimanche Bleu », sur mes pratiques de l’écriture et de la peinture (2025). La toile associée à ce texte est à retrouver ici.
Interlude I
Interlude II
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